Quintilien, 94 : De l'Institution de l'orateur

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Quintilien, De l’Institution de l’orateur, trad. Nicolas Gédoyn, Paris, Grégoire Dupuis, 1718, livre huitième, chap. VI, « Des Tropes », p. 548-549.

L'Onomatopée, ou la liberté d'imposer des noms aux choses, a esté regardée comme un des plus grands [p. 549; VIII, 6] avantages de la Langue Grecque. Pour nous, difficilement pouvons-nous y prétendre. Non que les premiers Auteurs de la nostre n'ayent heureusement inventé beaucoup de noms, en ajustant leurs sons à la nature des choses qu'ils vouloient exprimer. De là ces mots, mugir, siffler, murmurer, &c. Mais à présent, comme si le fond en estoit épuisé, ou que tout fust trouvé, nous n'osons plus en produire de nouveaux, tandis que plusieurs des Anciens meurent & cessent d'avoir cours. A peine nous est-il permis de faire des dérivez, c'est-à-dire, de tirer par quelque voye que ce soit, un mot d'un autre mot qui est desja reçû; quelques-uns ont néantmoins réüssi;* mais plusieurs autres n'ont pas eu le mesme sort.* Il nous est mesme deffendu de faire un mot de deux autres, sur tout quand la composition en est dure; bien que nostre mot de Septentrion* qui est de cette nature, paroisse supportable.



* Comme Sylla*** prescripturit & *** postes pour laure sorenati.
* Comme vie, pour eo.
* Terionca anciennement signifi it boves des *** à terende.