Bernard Lamy, 1712 : La Rhétorique ou l'Art de parler

Définition publiée par RARE

Bernard Lamy, La Rhétorique ou l’Art de parler (5ème éd., 1712), éd. Ch. Noille-Clauzade (1998), Paris, Florentin Delaulne, 1715, p. 330-332.

CHAPITRE XII. Styles propres à certaines matières. Qualités communes à tous ces styles.

Nous allons parler de styles particuliers qui sont affectés à certaines matières, comme sont les styles des poètes, des orateurs, des historiens, etc. Mais il et à propos de faire auparavant quelques observations sur les qualités qui sont communes à tous ces styles. Car de plusieurs écrivains qui s'exercent dans un même style, les uns sont plus doux, les autres sont plus forts : les uns sont fleuris, les autres sont austères. Voyons en quoi consistent ces qualités, et comment on les peut donner à un style lorsqu'elles conviennent à la nature du sujet.

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La troisième qualité rend un style agréable et fleuri. Cette qualité dépend en partie de la première, et elle en veut être précédée, l'esprit ne se divertissant pas lorsqu'il s'applique trop fortement. Les tropes et les figures sont les fleurs du style. Les tropes font concevoir sensiblement les pensées les plus abstraites. Ils font une peinture agréable de ce que l'on voulait signifier. Les figures réveillent l'attention, elles échauffent, elles animent les lecteurs, ce qui lui est agréable ; le mouvement étant le principe de la vie et du plaisir ; la froideur au contraire mortifiant toutes choses. Quinte-Curce est fleuri.