PLEONASMUS / PLÉONASME
I, 6, p. 40
De sçavoir maintenant combien de sortes [de solécisme] il y en a, c'est un point sur lequel on n'est pas plus d'accord. Ceux dont la division me paroît la plus juste, en font quatre especes, qui sont les mesmes que celles du barbarisme, & consistent dans un mot adjouté, comme veni de Susis in Alexandriam, ou retranché comme Ægypto venio, ambulo viam, ne hoc fecit; ou transposé de façon que l'ordre en soit renversé, comme quoque ego, enim hoc voluit, autem non habuit. Et au sujet de la transposition, on demande si le mot igitur, mis au commencement du discours, doit estre traité de solécisme? à quoy il n'est pas aisé de répondre, parce que les meilleurs escrivains sont partagez là-dessus, les uns l'employant souvent de la sorte, & les autres ne l'employant jamais. Ces trois prémieres especes sont honorées du nom de tropes & de figures par quelques auteurs qui appellent la premiere un pléonasme, c'est-à-dire une adjection; la seconde, une éllipse, c'est-à-dire une detraction; la troisiéme, une anastrophe, c'est-à-dire une inversion.
VIII, 3, p. 515-516
Pour le Pléonasme, il est vice quand il charge l’Oraison de quelque mot superflu, par exemple, si je disais, J’ai vu moi de mes yeux: car il suffit de dire, j’ai vu. VIII, 3, 54 Cicéron reprit un jour assez plaisamment une semblable façon de parler dans Hirtius, qui en plaidant contre Pansa, avait dit d’une femme qu’elle avait porté son fils dix mois dans son ventre. Apparemment, reprit Cicéron, qu’une autre l’eût porté dans sa poche. Cependant il y a des occasions où [p. 516; VIII, 3] le Pléonasme a quelque chose de plus affirmatif, comme dans cet exemple de Virgile;
Et j’entendis sa voix de mes propres oreilles.
VIII, 3, 55 ainsi il n’est vicieux, que lorsqu’il ajoute un mot, qui est redondant et inutile.