Étienne Dubois de Bretteville, 1689 : L’Éloquence de la chaire et du barreau

Définition publiée par Kayirici

Étienne Dubois de Bretteville, L’Éloquence de la chaire et du barreau selon les principes les plus solides de la rhétorique sacrée et profane, Paris, Denys Thierry, 1689, p. 179

De la Peroraison

La Peroraison, ou la Conclusion du Discours, doit renfermer tout le grand & tout le sublime de l’Eloquence ; & l’on peut dire que c’est dans la Peroraison que l’on connoît parfaitement l’Orateur. Ciceron, qui parle si modestement de son Eloquence, n’a pû s’empêcher d’avoüer que c’étoit dans cette Partie de l’Oraison qu’il excelloit par-dessus tous les autres Orateurs de son temps.

Perorationes mihi tamen omnes relinquebant, in quo, ut viderer excellere, non ingenio, sed labore assequebar.

L’on peut dire que les autres Parties du Discours sont pour l’esprit ; mais que la Peroraison n’est que pour le cœur. C’est là que l’Orateur ramasse tout ce qu’il y a de plus fort, de plus vif, & de plus pathetique, pour remuer le cœur, & pour l’enlever.