Joseph de Jouvancy, 1710 : Candidatus rhetoricae

Définition publiée par Mattana-Basset

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, troisième partie, "De l'élocution", chap. I, "De la période", p. 152-167. 

Définition publiée par RARE, le 31 mai 2020

CHAPITRE 1

DE LA PÉRIODE

 

ARTICLE 1

Définition, parties et emploi de la période

 

Qu’est-ce que la Période R. Ce mot grec signifie circuit, contour [ambitum], ensemble [comprehensionem] de mots allant d’un début à une fin, comme le dit Aristote, et ce, brièvement. On peut définir la période d’une manière exacte en disant que c’est un petit discours comprenant un nombre fixe de parties se rattachant harmonieusement [numerose] les unes aux autres. D’après cela, vous voyez qu’il y a trois choses à observer dans la période : la première, c’est que le discours [oratio] soit assez court, pour qu’on puisse le retenir et le réciter de mémoire ; la seconde, c’est que ses parties s’adaptent les unes aux autres, et ne fassent qu’un corps tout en étant tenues en suspens ; la troisième, c’est qu’il y ait de l’harmonie [numerosa]Nous dirons plus bas < à l’Article 2 > en quoi consiste l’harmonie [numerus].

Quelles sont les parties qui composent une période ? R. Ce sont les majeures qu’on appelle membres de la période, en grec cola, et les mineures ou incises, nommées en grec commata.

Qu’est-ce qu’un membre de la période ? R. C’est la partie majeure de la période, dont le sens est imparfait [imperfectum] et qui dépend des antécédents ou des conséquents : ainsi, si tu avais porté secours à ton ami dans la peine ; voilà le premier membre de la période, il doit être suivi d’un autre ; par exemple : il n’aurait jamais éprouvé un si grand malheur, c’est le second membre de la période ; il dépend du premier.

Quelles sont les qualités d’un membre de période ? R. Il y en a trois : la première, c’est qu’on y trouve un sens. Or tout verbe actif ou passif accompagné de son régime, comme le disent les grammairiens, forme un sens tel que celui-ci : « porter secours à un ami dans la peine » ; la seconde qualité, c’est que ce sens soit imparfait et dépende d’un autre membre de la période : « si tu lui avais porté secours, etc. » ; la troisième qualité, c’est que ce membre ne soit pas trop long : « il n’aurait jamais éprouvé un si grand malheur ». Les rhéteurs en limitent la longueur, en disant qu’il doit être tel qu’on puisse commodément l’achever sans reprendre haleine. C’est à peu près la dimension du vers hexamètre composé de six pieds ; on peut sans peine le débiter sans reprendre haleine. Observons cependant que cette dimension n’est pas tellement rigoureuse, qu’on ne puisse la dépasser, surtout si l’orateur peut, sans reprendre haleine, prononcer un grand nombre de mots, ou si la gravité de la circonstance demande une longue phrase.

Qu’est-ce que l’Incise R. C’est la partie du membre de la période qui, par elle-même, n’a pas un sens et une longueur qui lui soient propres. Elle ne renferme pas, en effet, un verbe, et elle n’a pas la dimension d’un vers hexamètre. Telle est cette incise : dans cette pénible conjoncture, ou bien dans ces temps troublés, ajoutez un verbe, par exemple il n’est personne, vous aurez un membre de période. Joignez à ce membre deux nouvelles incises avec leur verbe, vous aurez un autre membre et une période complète : « Dans cette pénible conjoncture, dans ces temps troublés, il n’est personne qui ne préfère être partout ailleurs (première incise) que là où vous êtes (deuxième incise) ». Voici encore une période à deux membres, dans laquelle chacun est accompagné d’incises : « La fécondité du sol et l’abondance de toutes choses qui < à Capoue > a efféminé les Carthaginois, a de même, en Grèce et en Syrie, amolli les Romains captivés par les attraits des plaisirs qu’ils y trouvaient ».

De combien de membres une période peut-elle être composée ? R. D’un, de deux, de trois ou de quatre, quelquefois même il y en a plus, mais c’est rare. La période d’un seul membre s’appelle monocolos ; celle de deux membres, dicolos ; celle de trois membres, tricolos ; celle de quatre membres, tetracolos. Nous donnerons plus bas des exemples de chacune de ces périodes.

Faut-il toujours employer les périodes ? R. Non, ce n’est que de temps en temps qu’on peut employer les périodes et les incises, et qu’on dresse les figures et l’amplification comme armes d’attaque et de défense. La période s’emploie ordinairement dans les exordes, dans les majeures de syllogisme, etc.

Qu’est-ce que parler en forme de période ? R. C’est en faire un fréquent usage ; mais alors il faut avoir grand soin de ne pas donner à toutes le même nombre de membres ; il doit y avoir un mélange de périodes plus courtes et d’autres plus longues.

Qu’est-ce que parler par membres ou par incises ? R. C’est employer divers membres et différentes incises que ne rattache aucun lien, ainsi : « La nature a créé ce prince pour régner ; la vertu lui a enseigné la piété ; la fortune l’a élevé au trône ; la vaillance lui a donné la victoire comme couronne ». Rattachez ces membres par quelque lien et vous aurez la période suivante : « La nature n’a pas créé seulement ce prince pour régner, la vertu ne lui a pas seulement enseigné la piété, la fortune ne l’a pas seulement élevé au trône, mais la valeur l’a encore couronné de victoires ». Citons, comme exemple d’incises, la phrase suivante : « Les enfants n’ont d’autre chose à faire que jouer, rire, courir de côté et d’autre, s’amuser et n’écouter que leur fantaisie ». < De même : « L’humilité chrétienne aime la modération, cherche la retraite, veut être méprisée, est tourmentée par les honneurs ». De même, tiré du Pour Archias : « Les lettres servent d’aliment à l’adolescence et d’amusement à la vieillesse ; les lettres embellissent nos jours prospères, et nous offrent dans le malheur un refuge, une consolation : charme du cabinet, elles ne gênent point au dehors ; elles veillent avec nous, elles nous accompagnent dans nos voyages, elles nous suivent encore aux champs. » >

En quoi une période peut-elle être défectueuse ? R. En étant peu harmonieuse [parum compta et numerosa], obscure, trop longue, remplie de mots inutiles qui ne flattent que l’oreille [numero tantum auribusqueen se terminant toujours de la même manière.

De quelle utilité la période est-elle dans le discours ? R. Grâce à elle, les mots arrivent plus harmonieusement [suavius] aux oreilles et pénètrent dans l’esprit plus doucement et plus facilement [molliusque ac facilius].

 

ARTICLE 2

De l’art de composer une Période

 

Que faut-il faire pour composer une période ? R. Il faut : 1° faire choix d’une idée [sententia] qui permette de composer une période ; 2° chercher, trouver les parties ou les membres dont se composera la période ; 3° les rattacher les uns aux autres ; 4° disposer les mots dans un ordre de nature à donner au discours de l’harmonie [numerus et suavitas]. C’est l’invention qui fournit la matière de la période et le sujet même que l’on traite. Quant au nombre, l’oreille en juge mieux que les préceptes ne peuvent l’expliquer. Il consiste dans une certaine disposition de syllabes, tantôt brèves, tantôt longues, qui flatte l’oreille et produit un ensemble de sons agréables. Ainsi : Te miror, Antoni, quorum facta imitaris, eorum exitus non perhorrescere. Rompez la suite des mots, disposez-les d’une autre manière, leur accord harmonieux n’existera plus. Ainsi dites : Antoni, te miror, non perhorrescere illorum exitus, quorum imitaris factaou quorum imitaris facta, eorum non perhorrescere exitus, l’harmonie est rompue. 

Écoutez les préceptes de Cicéron au sujet de l’harmonie oratoire [de numero oratorio]. « Elle ne doit pas avoir le même nombre que l’harmonie poétique, mais il ne doit pas s’en abstenir comme la conversation ordinaire [sermo vulgi]. » Veillez principalement à ce que toutes les périodes ne se terminent pas par le même mètre et le même nombre ou arrangement de mots. Développer [dilatandi] une période et trouver les membres qui la composent sont les deux choses qui demandent le plus d’art et de travail.

Comment peut-on transformer [dilatari] une pensée en période, et donner les développements nécessaires aux membres qui la composent ? R. 1° Au moyen de la définition de chacun des mots qui composent la proposition de cette période. Voulez-vous, par exemple, faire une période [amplificare] de cette proposition : Dieu récompense la vertu ? Exposez les notions impliquées dans les mots Dieuverturécompense, et dites : « Puisque Dieu est le souverain arbitre de toutes choses, et le juge très équitable des bons et des méchants, on ne peut douter que les actes de piété et de sagesse dont la vertu est la cause ne reçoivent une récompense magnifique, non seulement dans cette vie, mais encore dans l’autre, qui est immortelle ».

Donnez un autre exemple de période développée par la définition. R. Soit : Les ignorants sont méprisés. < « Quand, par un défaut dû à sa naissance ou à son éducation, on a la honte de passer sa vie dans l’ignorance des disciplines excellentes, alors, méprisé de tous, on végète au sein de la foule obscure, comme si on n’était jamais né » ou « comme si nous était barré tout accès à la renommée et aux honneurs ». > Pourquoi négliger l’étude de la rhétorique ? < « Puisque l’art de bien dire permet à un être humain de surpasser non seulement les bêtes mais des êtres humains, pourquoi, alors que tu penses devoir cultiver tous les arts, négliges-tu celui-ci ? » >

À quoi faut-il veiller dans le développement d’une période < par ce moyen > ? R. À ne pas accumuler beaucoup de synonymes ayant la même signification. Ainsi voulez-vous amplifier, développer le mot : il récompense, qui se trouve dans le premier exemple que nous avons cité ? Vous pouvez le faire de trois manières, en amplifiant les trois synonymes : il couronne, il récompense, il comble. < Ou bien vous exposez le mot « ignorants », qui se trouve dans le deuxième exemple : « ceux qui n’ont aucune connaissance des belles lettres, qui ne sont pas revêtus de la gloire des sciences, qui ne sont pas parés de l’éclat de l’érudition ». En effet, ces expressions, outre qu’elles ne sont pas très ornées, sonnent presque toutes de la même façon. C’est là un défaut courant chez les enfants. >

Quels sont les autres moyens de développer une période ? R. C’est d’employer < presque tous > les lieux oratoires, tels que l’énumération des parties, les circonstances, les causes, les effets, la ressemblance, la comparaison, les antécédents et les conséquents.

Donnez un exemple d’une période amplifiée par l’énumération des parties. R. Prenons la proposition suivante : Rien n’est plus beau que la ville de Rome, et disons : « Quand on voit Rome, la reine de toutes les villes, la multitude et la magnificence de ses palais, la majesté et la grandeur de ses temples, les nombreuses statues de marbre et d’airain qui semblent animées, tous les monuments témoins illustres de son antiquité et de sa gloire ; quand on voit cette Rome antique, comme ressuscitée de ses cendres, et que l’on contemple toutes ces merveilles, on est tellement saisi d’admiration, qu’on est forcé d’avouer que rien n’est plus beau que Rome ».

Un Chrétien s’efforce de rendre service à tous. Soit : « Quand on ordonne sa vie en conformité avec les enseignements de l’Évangile et les paroles du Christ, alors, on s’efforce de rendre service non seulement à ses amis ou à ses connaissances, mais aussi à ses ennemis, aux inconnus et aux étrangers. »

Le chapitre 3 en donnera des exemples supplémentaires, qui esquisseront les premiers traits de l’art de l’amplification. Mais au préalable voici quelques éléments sur la façon de lier les membres d’une période. >

Comment relie-t-on les membres ou parties d’une période ? R. En se servant de certaines particules dont les premières impliquent celles qui suivent. Les premières servent aux premiers membres de la période et contiennent ce que les rhéteurs nomment la protase. Les secondes comprennent la dernière partie de la période appelée apodose.

Tel est cet exemple d’une période à deux membres : « De même (particule) que les malades n’ont pas le goût des aliments (protase), de même (particule) les méchants n’ont pas le goût de la vertu (apodose). » Remarquons que la pensée, ou bien la matière de la période n’est pas comprise dans la protase, mais qu’elle l’est ordinairement dans l’apodose, ainsi qu’on le voit dans la période que nous venons de citer. < Voici la proposition, ou la matière de cette période : La vertu n’a pas de saveur pour les méchants. Dans la protase est contenu ce qui permet d’amplifier la période, c’est-à-dire de prouver et d’orner l’idée de celle-ci. >

Donnez quelques particules qui servent à relier les membres d’une période. < R. On en trouvera d’innombrables au fil de ses lectures. Telles sont : > De même que… ainsi. Si… alors. Autant… comme. D’un côté… de l’autre. Tel… tel. Même si… pourtant. De même que… de même. D’où… de là. D’autant plus… que. Non moins… que. Et… et.

 

ARTICLE 3

Exemples de périodes

 

Proposition de période : C’est par l’éducation que se forment les mœurs des enfants. Développement : « De même qu’un artisan façonne l’argile, de même un maître sage et habile (façonne, forme) les mœurs des enfants. » Quelle est cette période et comment l’amplifie-t-on ? R. C’est une période à un membre ou monocolos. La définition de la période que nous avons donnée au chapitre 1 lui convient en effet parfaitement. Sa protase ne peut être appelée un membre de la période parce qu’elle n’a pas la longueur voulue d’un membre de période, c’est donc une incise qui, jointe à l’apodose qui suit, a la dimension voulue d’un membre unique constituant une période monocolos. C’est par similitude que cette période est amplifiée, comme il est facile de le voir. 

< Voici un autre exemple de période à un membre : « Cicéron est aussi savant qu’éloquent ». De même : « ce jeune homme est aussi zélé pour les lettres que pour la vertu ». >

Autre proposition : L’oisiveté est la source de tous les maux. Cette maxime donne lieu à des périodes à deux et à trois membres. Ainsi : « De même que le travail peut être appelé le père de tous les biens, ainsi que de toutes les vertus, de même l’oisiveté est la mère de tous les maux et de tous les vices ». C’est une période à deux membres basée sur le contraire. 

Formons-en une à trois membres basée sur les effets : « Si vous cherchez pourquoi les jeunes gens ignorent beaucoup de choses utiles ; pourquoi, poussés par l’ambition, la colère et les autres passions, ils se livrent à toutes sortes de vices : vous en trouverez la source et la cause dans l’oisiveté. »

Vous avez l’exemple d’une période carrée (à quatre membres) au commencement du discours de Cicéron sur les provinces consulaires. On appelle période carrée celle qui a ses membres de dimensions à peu près égales, de sorte qu’ils paraissent former un carré. Ainsi : « Si quelqu’un de vous, Pères conscrits, est impatient de connaître mon opinion sur la distribution des provinces ; qu’il se demande à lui-même quels hommes surtout je veux voir rappeler de leurs gouvernements : il n’aura pas de peine à pressentir mon opinion, pour peu qu’il réfléchisse sur celle qu’il est de mon devoir de professer. » Vous voyez que les membres de cette période sont tous presque d’égales dimensions et forment comme un carré. 

Le même Cicéron au commencement de son discours pour Cécina donne un exemple de période arrondie. La période arrondie est celle qui est composée de quatre membres tellement bien unis entre eux, et se répondant si bien les uns aux autres, que ceux qui suivent peuvent être mis à la place de ceux qui précèdent, sans que le même sens et la beauté du discours en souffrent. Ainsi : « Si le succès que l’audace peut obtenir en pleine campagne et dans un lieu désert ; l’impudence était capable de l’obtenir aussi au Forum et devant les tribunaux ; dans ce procès A. Cécina ne se trouverait pas en moindre état d’infériorité devant l’impudence de Sex. Ébutius, qu’il ne l’a été naguère devant son audace et ses violences. » 

Si vous mettez au commencement de cette période les membres qui sont les derniers, et que vous disiez : « dans ce procès A. Cécina ne se trouverait pas en moindre état d’infériorité devant l’impudence de Sex. Ébutius ; qu’il ne l’a été naguère devant son audace et ses violences ; si le succès que », etc., rien ne sera changé. – C’est ainsi que dans un cercle en mettant en bas ce qui est en haut, et réciproquement, on ne change en rien la configuration du cercle. Certaines personnes ne font pas de différence entre la période carrée et la période arrondie.

< Voici un autre exemple de période arrondie : « Si tu éprouvais pour mes bienfaits autant de reconnaissance, que j’ai mis de zèle à te rendre service : tu me viendrais aujourd’hui en aide avec la même bonne volonté, que tu m’as jadis si instamment promise lorsque la fortune me souriait. »

Soit la proposition : Il est très grave de faire un péché ; on la développera comme suit en une période à deux membres : « La gravité d’un péché même très léger est si grande, c’est d’une laideur si grande, un fléau si grand ; qu’il remet en cause, pour un seul mensonge ou même une seule parole vaine, le salut de tous les mortels. ».

Voulez-vous composer cette même phrase en trois membres ? Ajoutez la particule si : « Le péché même le plus petit comporte tant de gravité et mène à une si grande perte ; que, si la conservation du monde entier et le salut de tous les mortels étaient en jeu, il serait interdit d’admettre le plus petit péché ». J’ajoute un quatrième membre :

« Tout péché condamne à un châtiment si grave ou à une ignominie si repoussante ; que, même dans l’hypothèse où tous les mortels iraient au Ciel ou seraient tirés des Enfers : il serait cependant interdit non seulement de commettre un crime grave ; mais aussi d’offenser ne serait-ce que par un petit mensonge la Puissance de Dieu. »

Transformez en une période de deux membres ce verset du Psaume : La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse.

« Pour qui prétend au titre glorieux de sage, rien ne doit être plus important, que de révérer et de craindre avec piété le Seigneur qui gouverne l’Univers. » Donnez une période de trois membres à partir de cette parole du Sage : Fuyez le péché comme un serpent. « De même que tu fuirais en tremblant, si un serpent les yeux pleins de flammes, et dardant sa langue se jetait sur toi : de même, fuis avec autant d’énergie et de rapidité ne serait-ce que l’ombre du péché. »

Voici une période de trois membres à partir de cette proposition : Ne fais rien dont tu doives avoir honte et te repentir. « Si tu m’écoutes, tu ordonneras ta vie ainsi : ne jamais rien dire ou faire, dont par la suite tu doives à juste titre avoir honte et te repentir. » > Développez en périodes de cinq ou six membres cette maxime du sage : Ayez toujours présents à votre esprit les derniers moments de votre vie et vous ne pécherez pas.

< « Si à chaque instant, en tout lieu et dans toutes tes occupations, tu médites sur ta mort prochaine ; si tu repasses dans ton esprit qu’après ta mort, tu dois aussitôt être traîné devant le terrible tribunal du Juge suprême ; si les supplices éternels qui attendent les méchants dans le Tartare ; et les récompenses préparées pour les bons dans le royaume céleste, tu considères souvent et attentivement : crois-moi, jamais les séductions des plaisirs ne te pousseront au crime, jamais la crainte de quelque malheur ou de quelque péril ne te fera quitter la droite voie de la vertu. » >