Jean-Baptiste Crevier, 1765 : Rhétorique française

Définition publiée par Léonie Gémond

Jean-Baptiste Crevier, Rhétorique française (1765), Paris, Saillant, 1767, 2 tomes, t. 1, p. 372-373.

Définition de la Confirmation.

L’ordre naturel demande qu’après avoir exposé le fait, & distribué son sujet, l’Avocat entre en preuve. Ainsi après la Narration & la Division qui y est jointe dans le genre Judiciaire, suit la Confirmation, qui contient & met dans tout leur jour les preuves de la cause, & qui détruit ce qu’y opposent ou peuvent opposer les adversaires.


Elle est la partie essentielle du discours.

Cette partie du discours en est la partie essentielle, le fond & la substance. C’est à elle que se rapporte tout ce qui a précédé. L’Orateur n’a préparé les esprits par l’Exorde, il n’a présenté le fait avec exactitude & intelligence, que pour en venir aux preuves, qui seules peuvent le faire triompher, & obtenir un Jugement tel qu’il le souhaite. Il est utile de plaire & de toucher. Mais tout ce qui s’appelle sentiment est subordonné à la preuve, & n’a de mérite qu'autant qu’il sert à la faire valoir.


La Confirmation embrasse la Réfutation.

Je comprends sous un même article & ce qui tend directement à prouver la cause, & ce qui est employé pour détruire les objections des adversaires. La Confirmation proprement dite, & la Réfutation, ne sont point deux différentes parties du discours, comme l’a fort bien remarqué Cicéron <De Orat. II. 331>. « Vous ne pouvez, dit-il, ni détruire ce que l’on vous objecte, sans appuyer ce qui prouve en votre faveur, ni établir solidement vos moyens, sans réfuter les allégations & les raisonnemens de la Partie adverse. Ce sont deux choses jointes intimement par la nature, & par l’usage que vous en faites. Vous les traitez ensemble, & vous passez sans cesse de l’une à l’autre. » Ainsi il convient peu d’en faire deux parties distinguées.