Aristote, 1718 : Rhétorique

Définition publiée par Génin

Aristote, Rhétorique, trad. François Cassandre, 1re éd. 1654, La Haye, Isaac Vaillant, 1718, livre second, chap. XXIII, « Lieux pour les Enthymèmes véritables et qui prouvent », p. 328-329.

Définition publiée par Élie Génin, le 16 juillet 2021

LIVRE SECOND

[...]

Chapitre XXIII. Lieux pour les Enthymèmes véritables et qui prouvent.

[...]

XVIII.

Un autre Lieu est quand un même effet s’ensuit de deux Causes différentes, de montrer que ces Causes-là sont de même nature et ne diffèrent point. [p. 329] De là vient que Xénophane assurait,

Qu’il n’y avait pas moins d’impiété a dire Que les Dieux prennent naissance, qu’à dire, Qu’ils mourront un jour; puisque, de quelque façon qu’on le prenne, il se trouvera un temps où il n’y aura point de Dieux.

En un mot, Tout ce qui s’ensuivra de l’une et de l’autre de ces deux Causes, pourra être pris pour un seul et même effet; ainsi qu’il se peut voir dans l’Apologie de Socrate:

L’Arrêt, Messieurs, que vous allez prononcer est de telle conséquence, Qu’il ne s’agit pas ici simplement de la personne de Socrate, mais de sa profession; et de savoir absolument si c’est une bonne chose de s’adonner à la Philosophie.

C’est encore comme qui dirait,

Que donner Terre et Eau, est renoncer à sa liberté; [NdT : « Ceci est fondé sur la demande que faisaient les Rois de Perse aux Peuples qu’ils avaient dessein d’assujettir, par là donnant à entendre Qu’ils voulaient être maîtres partout, aussi bien sur Mer que sur Terre. »]

Ou bien,

Que de se laisser comprendre dans les articles d’une Paix commune, est Recevoir la Loi, et faire ce qu’un autre commande.

Pour ce qui est de se servir de l’un ou de l’autre de ces deux raisonnements, cela se fera selon qu’on le jugera à propos et qu’il viendra mieux à la Cause.