Aristote, 1718 : Rhétorique

Définition publiée par Génin

Aristote, Rhétorique, trad. François Cassandre, 1re éd. 1654, La Haye, Isaac Vaillant, 1718, livre troisième, chap. XI, « Ce que c'est qu'Énergie et mettre une chose devant les yeux », p. 426-439.

Définition publiée par Élie Génin, le 20 juillet 2021

LIVRE TROISIÈME

[...]

Chapitre XI. Ce que c'est qu'Énergie et mettre une chose devant les yeux. 

Il s’agit maintenant de montrer, ce que c’est que Mettre une chose devant les yeux, et ce qu’il faut observer pour cela. Je dis donc Que tout terme sera Énergique et mettra une chose devant les yeux, qui marquera de l’action. Par exemple, qui dirait simplement de l’homme de bien,

Que c’est ce Carré et ce Cube immobile qui demeure toujours en même assiette;

assurément c’est une Métaphore, puisque tous deux donnent à connaître une chose qui est dans un état parfait; cependant il ne s’y voit aucune Énergie, ni rien qui marque de l’action; mais au contraire qui dirait ainsi,

Non pas d’un homme de mon âge, et cassé comme je suis, mais d’un homme encore en sa vigueur et dans un âge florissant;

pour lors ce serait marquer de l’action.

Ce serait encore marquer de l’action de dire de quelqu’un,

Que c’est un vrai Cheval échappé;

Ou bien, ainsi que fait Euripide, [p. 427]

Les Grecs donc sans tarder aussitôt s’élançant;

car dans le mot de s’élançant se trouve et action et métaphore tout ensemble.

Ou bien encore de la façon qu’Homère s’en sert en plusieurs endroits; car, par le moyen de la Métaphore, il anime toutes les choses qui n’ont point de vie. En effet donner de l’action à ce qui n’en a point, a beaucoup de grâce et se fait toujours estimer; comme dans les vers suivants, lorsqu’Homère représente cette lourde pierre de Sisyphe qui retombait toujours [Odyss. XI],

Il a beau l’élever jusqu’au haut du sommet,

Quoique dans ce travail le malheureux succombe,

Ce Rocher impudent en même temps retombe.

Et encore lorsqu’il parle d’une Flèche qu’on tire [Iliad. XIII],

La Flèche s’envola.

Et ailleurs encore parlant d’une autre Flèche [Ibid.],

Impatiente de frapper.

Et tout de même, lorsqu’il dit [Iliad. XI],

Les Dards fichés en terre et partout herissés,

Semblaient ne respirer que sang et que carnage.

Ou comme il dit encore en un autre endroit [Iliad. XV],

Et la pique ennemie, avide de son sang,

Vient à lui de fureur et lui perce le flanc.

Car à cause que dans ces exemples le Poète parle de toutes ces choses comme si véritablement elles étaient animées, aussi semble-t-il que d’elles-mêmes elles agissent et se portent à quelque action. En effet le mot [p. 428] d’Impudent, qui est attribué à la Pierre; celui d’Avide qui est donné à la Pique; et tous les autres sont autant d’actions qui viennent de choses qui ont de la vie. Or le Poète, qui est adroit, a su à propos s’en servir par Métaphore, à cause de l’analogie qui s’y rencontre: Et de vrai l’on peut dire que ce que la Pierre fait à l’égard de Sisyphe, l’Impudent le fait à l’égard de celui qu’il choque par son impudence. Le même Poète ne manque pas d’en faire autant dans ses plus belles comparaisons lorsqu’il les tire des choses inanimées, comme dans ces vers-ci [Iliad. XIII]:

Et les Flots recourbés tout blanchissants d’écume,

Allaient et revenaient d’un cours impétueux.

car Homère a cela, qu’il anime et donne de l’action à tout ce qu’il décrit; et véritablement il a bien raison de le faire, puisque la Poésie étant une pure imitation, comme elle est, il n’y a rien de si propre à représenter ni qui imite plus parfaitement que l’Action.

Au reste afin qu’une Métaphore soit bonne, ainsi qu’il a déjà été remarqué, on la doit tirer de choses proches, et pourtant qui ne soient pas trop connues, mais à peu près comme on fait en Philosophie quand il s’agit de trouver quelque ressemblance. Pour ce qui est de trouver de la ressemblance dans les choses éloignées, cela n’appartient qu’aux personnes qui ont beaucoup d’esprit; comme quand Archytas soutenait,

Qu’il n’y avait point de différence entre un Arbitre et un Autel; parce que tous deux servent d’asile à l’Affligé.

[p. 429] Ou encore de dire,

Qu’une Ancre de Navire et une Crémaillère sont la même chose pour l’usage; puisque l’une est faite pour retenir par en haut et l’autre par en bas.

Ou bien de dire en parlant de Villes,

Qu’on les aurait égalées.

car sans doute c’est trouver de la ressemblance en des choses bien éloignées, de transporter ainsi le mot d’Égal, et le faire passer des Surfaces à l’Autorité et à la Puissance.

Après tout la plus grande partie des bons mots et de ce qui se dit avec esprit, dépend de la métaphore; Et encore de je ne sais quelle tromperie adroite qui surprend l’esprit et lui fait prendre l’un pour l’autre; attendu que par cette tromperie il reconnaît d’autant plus évidemment avoir appris quelque chose, qu’il voit que c’est tout le contraire de ce qu’il s’était imaginé d’abord; comme si l’esprit alors se disait à lui-même, Effectivement c’est ainsi qu’il le fallait entendre, et j’ai tort de l’avoir pris autrement.

Quant aux Apophtegmes, ceux-là aussi ont de la grâce qui font entendre toute autre chose que ce qu’ils signifient, comme ce que dit Stésichore aux Locrois pour les détourner de faire la guerre,

Que s’ils en venaient là, les Cigales chez eux pourraient bien chanter à terre.

Les Énigmes bien faits, sont aussi très agréables pour la même raison; car outre qu’on y apprend quelque chose qu’on ne savait pas, c’est que la Métaphore s’y rencontre.

[p. 430] Il se trouvera encore de la grâce dans la manière que nous enseigne Théodore, qui est De dire des choses nouvelles. Or cela arrive quand ce qui se dit est surprenant, et comme il s’explique lui-même, quand ce qui se dit n’est nullement ce qu’on attendait; ainsi qu’il se voit dans le Ridicule lorsqu’un mot vient à être tant soit peu changé. Toutes les Railleries qui sont fondées sur quelque allusion [jeu de mots] font le même effet; car c’est une chose qui trompe, même dans les Vers; vu que ce qui se dit alors n’est rien moins que ce que l’Auditeur pensait d’abord, ni ce qu’il s’imaginait qu’on dût dire, comme dans le Vers qui suit,

Il marchait à son rang les Mules aux talons.

Et de vrai l’Auditeur en cet endroit ne s’attendait à rien moins qu’à entendre parler de Mules aux talons, mais de quelque manière de Chaussure. Or il faut bien prendre garde qu’en le disant la chose s’entende tout d’un coup, autrement cela ne vaudrait rien.

Pour ce qui est de l’Allusion, sa grâce consiste, non pas à dire ce qui est exprimé en apparence, mais ce que porte le mot sur lequel l’allusion est fondée; comme ce que Théodore dit un jour par raillerie à un certain Nikon Joueur d’Instruments, Thrattei se; car il semble d’abord qu’il le prenne à la lettre, comme qui dirait, Il te trouble; cependant c’est où est la tromperie, parce qu’il lui donne tout un autre sens. Or c’est ce qui est plaisant à ceux qui l’entendent, car qui ne saurait pas que celui à qui il parle est venu de Thrace, et que sa Mère était [p. 431] Esclave, la chose n’a plus de grâce. De même en est-il de cette allusion, Boulei auton Persai. Ce qu’il faut savoir ici touchant ces Allusions, est que l’application en doit être juste dans tous les deux sens.

Il y aura aussi de la grâce aux termes Équivoques; ainsi à l’égard du mot Arché, qui signifie à la fois et Commandement et Commencement, il a été dit.

Athenaiois ten tes Thalasses Archen, Que le Commandement et l’Empire de la Mer aux Athéniens, me Archen einai ton kakon, n’a pas été le commencement de tous les maux qui leur sont arrivés, comme on prétend; parce qu’ils y ont fort bien fait leurs affaires.

Ou bien encore de l’autre façon que s’en est servi Isocrate contre les Lacédémoniens, quand il dit,

Archen te Polei, Que le Commandement et l’Empire qu’ils s’étaient acquis sur la Mer, Archen einai ton kakon, avait été le commencement de tous les malheurs qui leur étaient arrivés depuis;

parce que, dans l’une et dans l’autre façon, la chose à quoi personne ne s’attendait, a été ce qu’on voulait dire, et qui après tout s’est trouvée véritable. En effet si Isocrate, et l’autre, qui ont usé de ces termes équivoques, ne lui avaient donné qu’une signification, et [p. 432] qu’en disant Archen einai Archen, ils eussent entendu simplement, Que le Commandement et l’Empire qu’ils s’étaient acquis sur la Mer, étaient un Empire et un Commandement, sans doute il n’y aurait pas eu grande finesse à cela; mais ce n’est point là du tout ce qu’ils veulent dire: car quand pour la seconde fois ils répètent le même mot, ce n’est plus ce Commandement et cet Empire qu’ils entendent, mais toute autre chose. En telles rencontres donc, de savoir à propos se servir d’un terme équivoque; ou d’une métaphore, c’est ce qui est beau. Voici d’autres Exemples, mais d’un caractère différent; car au lieu de se jouer sur un terme équivoque, ici l’on nie qu’il y ait équivoque dans le mot. Ainsi il a été dit à l’occasion d’un Médisant [NdT : « J’ai ajouté cet Exemple, de même que le suivant, Ce n’est pas être Soldat, etc. pour faciliter l’intelligence de ceux qu’Aristote rapporte ici. »],

Que celui qui s’appelait le Muet, n’était pas trop Muet.

Et tout de même d’un autre,

Que le nommé Anaskhetos, n’était rien moins qu’Anaskhetos; pour donner à entendre Que son humeur était insupportable.

Au reste en toutes ces rencontres, afin que la chose ait de la grâce, il faut que le même mot soit toujours répété deux fois, comme dans les Exemples que nous venons d’apporter; et dans les suivants,

Ce n’est pas être soldat, que de vivre ainsi en Soldat,

[p. 433] Ou bien,

Pour être Soldat, on n’est pas toujours plus Soldat.

Comme encore,

Pour être Étranger dans une maison, il ne faut pas vivre si fort en Étranger.

Ou bien,

Pour être Étranger céans, vous n’en serez pas plus traité en Étranger.

Car on voit ici que le même terme qui est répété renferme plus d’une signification.

La même grâce encore se rencontre dans cet excellent mot d’Anaxandride qui a été tant loué,

Qu’il est beau de mourir avant que d’avoir rien fait qui mérite la mort.

Car c’est la même chose que de dire, en d’autres termes,

Qu’il est juste de mourir lorsqu’il n’est pas juste que l’on meure;

Ou bien,

Qu’un homme alors est digne de mourir qui n’est pas digne de la mort, ou encore autrement, qui n’a rien fait qui mérite la mort;

Parce que tout cela est un même tour, et la même manière d’exprimer. Mais ce qui est pour donner la dernière grâce et faire tout à fait estimer une chose, c’est de la dire succinctement et avec opposition. La raison est, Qu’on la comprend, et beaucoup mieux, à cause de l’opposition; et plutôt, à cause qu’elle est renfermée en peu de mots.

Ce qu’on doit encore observer dans ces beaux Sentiments-ici, est de prendre garde que ce qu’on dit convienne à la personne de qui on parle, et même qu’il soit [p. 434] heureusement exprimé; au moins si l’on veut que ce sentiment-là passe pour vérité, et non point pour une chose dite en l’air et à l’ordinaire; car ces deux conditions ne se rencontrent pas toujours ensemble, et l’une est quelquefois sans l’autre; Et de fait qui dirait tout simplement,

Qu’il est juste de mourir lorsqu’on n’a point encore fait de mal;

sans doute que le sentiment serait fort beau et le même que celui que nous avons allégué; cependant cela n’aurait point de grâce. Ce serait aussi un bon conseil à donner, que de dire,

Qu’une Fille de condition ne doit point s’allier qu’à un homme de sa condition;

mais une expression de cette qualité ne toucherait point et n’aurait pas l’agrément que nous cherchons; mais bien la chose aura de la grâce si l’un et l’autre s’y rencontrent; que l’expression soit belle, et que le sentiment convienne à la personne; comme de dire,

Qu’il n’est jamais plus juste de mourir que lorsqu’il n’est pas juste que l’on meure.

Et pour montrer qu’on ne saurait ici trop prendre de peine après son élocution, c’est que même plus il s’y rencontrera d’ornements de ceux que nous avons remarqués, et plus la chose aura de grâce; je veux dire si tout ensemble les mots y sont mis avec métaphore, et que cette métaphore renferme une analogie; De plus s’il s’y trouve de l’Antithèse, si les membres sont égaux; enfin si le sens est Énergique et plein d’action.

[p. 435] Pour les Images encore ou Comparaisons, on ne peut pas douter non plus qu’elles n’aient beaucoup de grâce, puisqu’en quelque façon, comme il a été déjà montré, elles tiennent rang entre les métaphores les plus excellentes, pour être toujours fondées sur deux choses qui ont même rapport, ainsi que la métaphore analogique: car on fait que toute métaphore ne l’est pas, et qu’il y en a de simples; Par exemple de dire,

Que le Bouclier de Mars est sa Coupe;

Ou bien,

Qu’un Arc est une Harpe sans corde.

Sans doute cette expression n’est pas simple et comprend un double sens, qui est ce que la comparaison cherche; mais de dire simplement,

Qu’un Arc est une Harpe;

Ou,

Qu’un Bouclier est une Coupe;

alors la métaphore est simple, et telle que jamais elle ne se rencontre dans les bonnes Comparaisons.

Quelquefois pourtant il se fait d’autres Comparaisons, par exemple de cette sorte;

Qu’un Joueur de Flûte ressemble à un Singe, à cause de leur posture ramassée. [NdT : « J’ai passé l’autre comparaison qui est dans le Texte, si difficile après tout, que, quoique j’y entrevoie je ne sais quoi, néanmoins c’est trop peu pour entreprendre de l’expliquer. […].] [p. 436] Mais pour bien faire il faut toujours qu’il s’y trouve de la métaphore, car assurément c’est une fort belle comparaison de dire,

Que le Bouclier de Mars est sa Coupe;

Ou

Qu’une Masure est la robe déchirée d’une Maison;

Ou encore, comme il fut dit de Nikèratos,

Que c’était le Philoctète mordu par Pratys;

car c’est la comparaison qu’en fit Thrasymaque voyant ce Nikèratos avec de grands cheveux et tout négligé, depuis que Pratys eut remporté le prix pour savoir beaucoup mieux Réciter des Vers que lui. Ainsi il faut bien prendre garde d’être juste dans ses Comparaisons; car la chose est de telle conséquence, qu’il n’y a rien qui rende un Poète plus ridicule que d’y manquer, quelque habile homme qu’il soit d’ailleurs; comme quand ils apportent de ces comparaisons;

Ainsi que le Persil ses jambes sont tortues.

Ou bien,

Ainsi que Philammon et Coricus ensemble, [p. 437]

Quand sous un même joug ils regimbent si bien.

[NdT : « On tient que ce sont les noms de deux Athlètes fameux. À l’égard de Corycus néanmoins, Ricobon apporte une explication tirée de Mercurialis dans son 2. liv. De arte Gymnastica, où il est montré Que Corycus était une sorte de Ballon que dans les Académies on attachait au plancher avec une corde pour exercer la Jeunesse. » Riccoboni a raison, voici la trad. Chiron : « Comme Philammon échangeant des coups de tête avec son punching-ball. »]

Car tout cela c’est autant de Comparaisons. Or donc que les Comparaisons ne soient des métaphores, c’est une matière qui a été rebattue assez de fois pour n’en plus parler.

Quant aux Proverbes, il est certain que ce sont encore des métaphores, mais de ces métaphores qui passent d’une espèce à l’autre, comme si quelqu’un, par exemple, dans l’espérance de profiter, venait à transporter chez lui une chose qui lui fût après très dommageable, et que là-dessus on allât dire,

Que c’est le Carpathe avec son Lièvre;

car pour lors ce serait une métaphore, à cause que l’aventure de cet homme serait pareille à celle des habitants de Carpathe lorsqu’ils voulurent avoir des Lièvres dans leur Île. Pour ce qui est donc de la belle manière de dire les choses, et ce qui fait qu’on y remarque de l’esprit; je pense qu’il y a peu de raisons à ajouter à celles que j’ai apportées.

Il n’y a point de doute encore que les Hyperboles, lorsqu’elles sont belles, ne soient des métaphores; comme celle qui fut faite à l’occasion d’un certain homme qui avait le visage plein de boutons et tout bourgeonné,

Vous eussiez dit à voir son visage que c’était un panier plein de Mûres.

Car ce qui fait la ressemblance en cette rencontre, est que tout bouton qui vient au [p. 438] visage est rouge, mais il faut avouer qu’il y a un peu trop d’excès à cela.

Ce qui est à remarquer touchant l’Hyperbole, est Qu’il ne s’en trouve point dont on ne puisse faire une comparaison en ajoutant simplement les particules nécessaires, comme de dire, Tout de même, Tout ainsi, etc. ce qui est si vrai, qu’il se voit beaucoup de comparaisons de cette sorte; la différence n’étant que dans le caractère et la manière de s’exprimer; comme sont les suivantes que j’ai déjà apportées,

Ainsi que Philammon et Coricus ensemble, etc.

car enfin il n’y a qu’à changer de caractère pour en faire une Comparaison; et de fait en voici une,

Vous eussiez dit à le voir que c’était Philammon qui était aux prises avec Coricus.

Et de même en est-il de l’autre Vers, car à s’exprimer comme fait le Poète,

Ainsi que le Persil ses jambes sont tortues;

alors c’est une Comparaison; mais de le dire d’une autre sorte, c’est une pure Hyperbole, par exemple,

Pour moi je ne croyais point que ce fussent de véritables jambes d’homme qu’il eut, mais des jambes de Persil qu’on lui eût faites exprès, tant elles étaient tortues.

Après tout il se trouve que les Hyperboles sont puériles, quelque bonnes même qu’elles soient, à cause qu’il y a de l’excès dans tout ce qu’elles disent; aussi est-ce la raison pourquoi ceux qui sont en colère s’en servent principalement comme dans Homère [Iliad. IX], [p. 439]

Me donnât-il autant que la Mer a de sable,

Et la Terre de points.

Et encore en un autre endroit,

Jamais Agamemnon ne m’aura pour son Gendre,

Quand sa Fille en attraits plus riche que Vénus

Étalerait aux yeux des charmes inconnus;

Quand elle égalerait Pallas même en sagesse.

Véritablement j'avoue qu'à Athènes cette figure a grand cours, et que là les Orateurs s'en servent d'ordinaire; mais quoi qu'on veuille dire, l'usage n'en est pas bon pour toutes sortes de personnes, puisqu'enfin il n'y a rien de si messéant dans la bouche d'un Vieillard.