Aristote, 1718 : Rhétorique

Définition publiée par Mattana-Basset

Aristote, Rhétorique, trad. François Cassandre, 1e éd. 1654, La Haye, Isaac Vaillant, 1718, Livre I, Chapitre II, p. 12-14.

Définition publiée par Mattana-Basset Mellie, le 24 juillet 2021

[p. 12] 

 

CHAPITRE II.

  

Ce que c’est que la Rhétorique.

 

[...]

 

Qualité des preuves de la Rhétorique.

 

La Rhétorique a deux sortes de Preuves. Les unes sont artificielles, et les autres sans artifice. J’appelle Preuves sans artifice, celles qui ne dépendent point de notre industrie, mais que nous trouvons toutes [p. 13] faites, comme sont les Témoins, les Réponses faites à la Torture, les Contrats, et autres choses semblables ; Et je nomme artificielles, toutes celles que nous pouvons trouver de nous-mêmes, et par les règles de la Rhétorique ; de sorte qu’il faut inventer celles-ci, au lieu qu’on se sert simplement des autres.

Pour les Preuves artificielles, il s’en trouve de trois espèces.

 

[...]

 

La seconde vient de la disposition de l'Auditeur, et d'avoir préparé son esprit d'une certaine façon. 

 

[...]

[p. 14]

 

On persuade à l’occasion de ses Auditeurs, lorsque par le discours on les porte à quelque passion ; aussi jugeons nous bien autrement quand nous sommes tristes, que quand nous sommes joyeux ; et bien autrement quand nous aimons, que quand nous avons de la haine. Or, comme il a déjà été dit, c’est la seule chose que tous les Rhétoriciens d’aujourd’hui se sont efforcés de traiter ; mais il en sera parlé plus particulièrement, quand nous serons au discours des Passions.