Jacques Du Roure, 1662 : La Rhétorique françoise

Définition publiée par Leïla Perrier

Jacques Du Roure, La Rhétorique française nécessaire à tous ceux qui veulent parler, ou écrire comme il faut et faire ou juger : des discours familiers, des lettres, des harangues, des plaidoyers, et des prédications, Paris, chez l’Auteur, 1662, Troisième partie, p. 40-41.

Définition publiée par Leïla Perrier, le 27 juin 2022

Pour ce qui est du Commencement : Quelquefois on entre en matiere d’abord, & de la façon que les Latins appellent ex abrupto, lors que les choses dont l’Orateur parle, sont tres connües, & qu’il en parle avéque passion. Ciceron nous a donné un illustre exemple de ce que je dy. Iusques à quand, Catilina, abuserez vous de nôtre patience ? Combien de temps encore serons-nous le jouet de votre fureur, & à quelle tragique fin se portera votre audace criminelle ? Quoy ! ni les Gardes que l’on met de nuit sur le Mont Palatin, ni la crainte du peuple, ni l’union des gens de bien, ni la force [p. 41] & le respect de ce lieu, ni le visage irrité des personnes qui vous regardent n’ont pû faire d’impression dans vôtre ame ? Ne reconnoissez-vous pas que vos desseins sont decouverts ? Pensez-vous que l’on ignore ce que vous avez fait la nuit derniere & la nuit precedente ? Croyez-vous que l’on ne sache pas en quels lieux vous avez êté, quelle assemblée vous avez faite, & quel conseil vous avez pris ? Dieux ! en quel siecle vivons-nous, & quelles sont aujourd’hui nos mœurs ! [sur l'exorde en général, consulter l'entrée du glossaire relative à l'Exorde]