Bary, 1660 : La Rhetorique Francoise

Définition publiée par Dylan VANOTTI

René Bary, La Rhetorique Francoise Ou L'On Trouve de nouveaux Exemples sur les Passions & sur les Figures. Ou l'On Traite à Fonds de la Matière des Genres Oratoires, Paris, Pierre le Petit, 1660,  première partie, « Des doutes », p. 232, « Des devoirs de celuy qui éclatte sous le Genre juciaire », p. 247, « Des Lettres, & des autres ouvrages qui sont sous le Genre Judiciaire », p. 258

DU GENRE JUDICIAIRE.

Puis que le genre judiciaire ne regarde pas moins l’accusation & la deffence, que les matieres de controverse, il est necessaire de discourir de l’injure, de parler de ceux qui la font, & de ceux qui la reçoivent.

L’injure icy est une action déraisonnable & volontaire, par laquelle on choque le public, ou le particulier.

L’action vient de quelque principe, & parce que 1a connoissance des causes découvre la difference des effets, il est à propos de dire quelque chose des differentes causes des actions.

On fait les choses par nature, par hazard, par contrainte, par coustume, par accoustumance, par raison, ou par quelqu’autre mouvement.

On fait les choses par nature, lors qu’on les fait sans instruction, d’une mesme maniere, souvent, & avec plaisir, & ainsi l’on fait une action de cét ordre, lors que l’on contente sa faim, sa soif, ou sa concupiscence.

On fait les choses par hazard, lors qu’on devient la cause d’un effet qu’on n’attendoit pas, & ainsi on fait une action de cét ordre, lors qu’en labourant la terre, on trouve un tresor.

On fait les choses par contrainte, lors que par quelque cause dominante, on fait ce qu’on seroit tres aise de ne faire pas, & ainsi on fait une action de cét ordre, lors que pour sauver sa vie, ou conserver son bien, on prostituë l’honneur de ses enfans.

On fait les choses par coustume, lors que dans de certains rencontres, & de certains temps, on fait une chose plus par imitation, que par quelqu’autre motif, & ainsi on fait une action de cét ordre, lors qu’on saluë la viande des Princes, ou qu’on met sur sa teste une couronne de fleurs.

On fait les choses par accoustumance, lors qu’on fait une chose par les qualitez qu’on a contractées, & ainsi l’on fait une action de cét ordre, lors qu’on profere souvent en vain le nom de Dieu, ou lors qu’on mange reglement à de certaines heures.

On fait les choses par raison, lors qu’on fait de bonnes actions pour une bonne fin, & ainsi on fait une action de cét ordre, lors qu’on entend un esprit docte pour devenir sçavant, ou qu’on observe un homme de bien pour devenir vertueux.

On fait les choses enfin par passion, je veux dire par un principe déraisonnable, lors qu’on les fait, ou par une injuste colere, ou par une malice concertée, & ainsi l’on fait une action de cét ordre, lors que pour un regard de travers, on en vient aux mains, ou que pour obtenir des libertez des-honnestes, on fait des presens magnifiques.

Quoy qu’on sçache à peu pres les choses qui plaisent ou qui choquent, il ne sera pas hors de propos d’en dire icy quelque mot: Il y a des injures délicates, & on est bien aise de voir sur ces sortes de sujets, le sentiment des Maistres.

Celuy qui ne tient compte d’abreges les estudes de ceux qui le consultont, fait une action déplaisante & déraisonnable parce qu’il excite le dégoust de ses disciples, & qu’il est obligé de ménager leurs veilles.

Celuy qui empesche qu’une personne injustement outragée, ne tire raison de l’injure qu’il a receuë, fait une action déraisonnable & déplaisante, parce qu’il s’oppose à un juste ressentiment, & qu’il est cause qu’on n’obtient pas ce qu’on desire.

Celuy qui évente les justes desseins de son Superieur, ou de son semblable, & qui dispose les choses de telle sorte, qu’il luy dérobe les moyens d’executer ce qu’il s’est proposé, fait une action déraisonnable & déplaisante, parce qu’il traverse ce qu’il deuroit favoriser, & qu’il empesche que celuy qu’il choque, ne jouïsse du plaisir qu’il y a de reüssir.

Celuy qui calomnie les gens de bien, fait une action extraordinairement déraisonnable & déplaisante, parce qu’il deshonnore ce qu’il deuroit respecter, & que comme il n’y a rien qui flatte tant que l’estime, il n’y a rien qui afflige tant que l’infamie.

Celuy qui met de la dissention entre les honnestes gens, fait une action déraisonnable & déplaisante, parce qu’il dissout ce qu’il deuroit cimenter, & qu’il devient la funeste cause des mal-heurs qui suivent la haïne & la colere.

Celuy qui parle simplement des personnes admirables, fait une action déraisonnable & déplaisante, parce qu’il destourne les esprits foibles de jetter les yeux sur les grands exemples, & qu’il dérobe à la vertu les honneurs qu’on luy doit.

Celuy qui méprise un bel ouvrage, fait une action déraisonnable & déplaisante, parce que son ignorance ou sa malice peuvent destruire l’estime & la fortune de son Autheur, & qu’il choque en cela l’amour qu’on a tousjours pour ce qui, vient de soy.

DES DEVOIRS DE CELUY QUI

éclatte dans le genre judiciaire.

La chose dont il s’agit, est une action de fait, ou un point droit.

Si c’est une action de fait, celuy qui parle accuse ou deffend.

S’il accuse, il faut qu’il convainque par témoins, par titres, ou par conjectures.

Et s’il deffend, il faut qu’il combatte les, dépositions, qu’il s’inscrive en faux, ou qu’il s’étende sur la foiblesse des apparences.

Supposons que le fait dont il s’agit soit un homicide, & qu’un amour mal-heureux en soit la cause, l’accusateur peut dire que Talmor aimoit Olympe, & qu’Olympe n’aimoit que Tygrane: que Talmor querelle son rival, qu’il fait semblant de ne plus considerer Olympe, qu’il la prive de les visites, que dans le temps de ce divorce, il projette la perte de Tygrane, que pour mieux preoccuper les esprits, & prevenir les soupçons, il se reconcilie avec luy, que quelques jours en suite de ce faux r’accommodement, on le voit fort tard, en habit déguisé, aux environs de la maison d’Olympe, qu’on le saluë, & qu’il feint d’estre pris pour un autre, que le lendemain, on trouve Tygrane estendu sur la place ; que sur la déposition de ceux qui ont veu Talmor le nez dans son manteau accompagné de quelques autres, on se saisit de sa personne, que lors qu’on le prend, il devient extremement passe, quil demeure quelque temps sans paroles, sans mouvement.

Le deffendeur peut dire, que Talmor déclaroit hautement, qu’il n’estoit plus amoureux, & que s’il eust voulu tirer advantage de la perte de Tygrane, il ne se fut pas perdu dans l’esprit d’Olympe que Talmor n’avoit esté ennemy de Tygrane, que pour Pinterest d’une passion dont il s’estoit deffait, que Talmor & Tygrane ne briguoient, ny charges, ny emplois, qu’il n’est pas croyable qu’un homme, qui n’est plus irrité, qui a du bien, & qui aime l’honneur, fasse les actions d’un enemy capital, s’expose sans sujet, ou pour peu de chose, à la perte de la vie, & renonce comme de sang froid à tous les sentimens que l’honnesteté inspire.

Il faut adjouster à cela, que si par un mouvement mal fondé, Talmor eust voulu se deffaire de Tygrane, il ne l’eust pas attendu aux environs d’un lieu suspect, ou que s’il eust voulu faire ce déplaisir à Olympe, il se fust si bien déguisé, qu’il eust esté tres-difficile de le reconnoistre, qu’il ne faut pas establir un jugement injurieux, ny sur ce que le visage passit, ny sur ce que la voix tremble, que la crainte d’un peril imprevue, estonne quelquesfois les ames les plus fortes, & les plus innocentes, & que la honte d’estre traisné en prison, met tousjours en desordre ceux qui craignent l’infamie, que quand on en veut a quelqu’un, & qu’on le soupçonne, on donne un sens desadvantageux à toutes ses actions, & que si lors qu’on prit Talmor, il n’eust point changé de couleur, on eust creu sans doute que la prevoyance eust asseuré son esprit, & qu’il eust estudié les moyens de couvrir son crime.

Si l’accusé est convaincu & qu’il soit jeune, & bien apparenté, celuy qui veut porter les juges à la rigueur doit representer qu’il est tres-dangereux d’abandonner la puissance du bras à l’indiscretion de l’âge, que l’impunité engendre l’orgueil, que la faveur inspire de nouvelles licences, que le coupable est insolent, que les gens de sa condition fondent leur délivrace sur leurs biens & sur leurs amis, que la prudence civile doit prevenir les recheutes, & que pour maintenir les Citoyens dans le devoir, il faut recourir à la severité.

S’il est entre deux âges, & qu’il ne sore pas de grande famille, il faut dire que le coupable est plus punissable qu’un autre: Que son crime tient plus de 1a corruption de la volonté, que de la violence de la passion, & que les gens de neant sont, d’autant plus à craindre, qu’ils ne peuvent estre retenus, ny par le respect de la naissance, ny par les douceurs de la fortune.

S’il est vicieux, s’il est jeune, & qu’il soit né de gens de bien, il faut representer qu’on ne peut attendre rien de bon d’un homme qui fait profession de violer les loix, de vivre scandaleusement, & de qui les mauvaises inclinations n’ont pû estre corrigées, ny par les preceptes, ny par les exemples, que le vice dans un âge imprudent est extrémement redoubtable, que comme on ne peut trop tost desarmer un furieux, on ne peut trop tost exterminer un homme qui est tousjours dans la derniere disposition d’exterminer le premier venu.

S’il est vicieux, s’il est jeune, & qu’il soit de mauvaise race, il faut déterrer les morts: il faut ressusciter les crimes, il faut representer qu’il est mal-aisé de vaincre la nature, que les vices qu’on succe avec le laict sont opiniastres, que la pieté est quelquesfois cruelle, & que si l’on eust puny d’abord les parens du coupable, leur corruption n’eust pas infecté leur posterité.

Si le crime, dont il est atteint est sa premiere faute, il faut exagerer le fait, il faut representer que l’acte découvre la disposition, & que celuy qui commence à faire du mal par un meurtre, commence par où les plus méchans finissent.

Si le coupable est jeune, & qu’il soit d’une maison considerable, celuy qui tâche de porter les juges à la douceur, doit examiner les injures, qui l’ont émeu: Si, elles sont atroces, il doit dire qu’une noirceur en engendre une autre, que la cause excuse l’effet, & si elles ne sont pas griefues, il doit dire que la virilité corrige souvent la jeunesse, & que pour une action condamnable, le criminel peut faire cent actions glorieuses, que s’il n’y a pas lieu d’esperer qu’il serve un iour la Republique, il peut representer que 1e deffunt estoit inutile, ou peu considerable, que les predecesseurs du coupable ont rendu à l’Estat des services signalez: qu’ils ont répandu leur sang aux occasions les plus importantes, & que leur perte merite bien le salut de quelquesuns de leurs descendans.

S’il est entre deux âges, & qu’il ne soit, ny riche, ny noble, il peut representer, que le criminel a tousjours vécu en homme de bien, & qu’encore qu’il n’ait esté porté aux grandes choses, ny par les aiguillons de la naissance, ny par les assistances de la fortune, sa conduite a toûjours merité les advantages qu’il n’a pas, que les circonstances sont considerables, que le mort a esté l’agresseur, & que le crime dont il s’agit est moins honteux à la vie de ceux qui le commettent, qu’à la memoire de ceux qui l’excitent.

S’il est vicieux, s’il est jeune, & qu’il vienne d’honnestes gens, il ne suffit pas de dire une partie des choses que j’ay dites en saveur de celuy qui est jeune, & d’une maison considerable: Il faut adjouter à cela, que les vices de l’accusé sont des effets de jeunesse, des foiblesses de complaisance, & des malices d’imitation, qu’il est à croire qu’une retraitte ou un voyage corrigeront ses mœurs, puis que qui oste la cause oste l’effet, & qu’avant qu’il vist de mauvaises compagnies, sont naturel paroissoit extrémement ingenu.

S’il est entre deux âges, s’il est vicieux, & qu’il vienne de mauvaise race, il peut dire que comme les vertus ne sont pas héréditaires, les vices ne sont pas successifs, que le coupable a plus de mal-heur que de méchancete, & que s’il estoit tel que ses ennemis l’ont dépeint, il auroit cent accusateurs.

Si le crime dont il est atteint, est sa premiere faute, il ne faut pas se contenter de repeter ce que j’ay dit pour celuy qui est entre deux âges, & qui n’est, ny riche, ny noble, il faut exagerer la conduite du coupable, il faut representer que l’exemple de sa mort ne seroit pas si utile, que l’exemple de sa vie, qu’on attribuëroit la rigueur de son chastiment à la rigueur de sa destinée.

Si le prisonnier est innocent, s’il est reconnu pour tel, & qu’il soit garçon, le deffendeur peut representer qu’on a voulu exercer quelque haine secrette, qu’on a eu dessein de surprendre les juges, qu’on s’est proposé de des-honorer la maison de sa partie, & de frustrer ses parens de la satisfaction qu’ils doivent attendre d’une jeunesse reconnoissante & vertueuse.

Et si l’accusé est marié, & qu’il ait des enfans, l’Advocat peut dire beaucoup de choses sur l’outrage qu’on a voulu faire à sa famille, & sur le support, qu’on a voulu ravir à sa posterité, & s’il veut pousser le discours, il peut s’estendre sur les utilitez qui peuvent naistre de la punition de ceux qui achetent les témoignages, qui affrontent les Tribunaux, & qui exposent la teste des innocens à l’ignorance invincible des Magistrats.

L’Advocat de l’accusateur peut dire que les dissentions precedentes sont considerables, qu’il y a de forces conjectures, que les apparences peuvent tromper les témoins, & que si l’on punissoit toutes les fausses accusations, on negligeroit souvent la poursuite des criminels.

Pour ce qui regarde le point de droict, il faut que celuy qui demande, & que celuy qui refuse ayent recours aux loix, aux raisons, aux Arrests, & aux Coustumes.

Le poinct de droict, la contestation, ou la controverse naist ordinairement des écrits, des loix, des ambiguitez, des définitions, & des cas extraordinaires.

Elle naist des écrits, lors qu’ils ne découvrent pas nettement l’intention de celuy qui les a faits.

Elle naist des loix: ou lors qu’une loy permet en effet ce qu’elle défend en apparence: ou lors qu’elle adjuge quelque advantage à une action, & que l’action dont il s’agit n’est pas effectivement conforme à l’intention de la loy. La loy veut, par exemple, que ceux qui abandonnent le vaisseau, à cause de la tempeste, perdent tout ce qui est dedans, & que le vaisseau & la marchandise appartiennent à ceux qui ne les abandonnent point, il arrive un orage, ceux qui sont dans le vaisseau, excepté un malade, se jettent dans un esquif, le vaisseau arrive heureusement au port, le maistre le demande, & le malade le pretend : La loy semble le refuser à tous les deux, elle semble le refuser au premier, parce qu’il a fait une action qu’elle condamne, & elle semble le refuser aussi à l’autre, parce qu’il n’estoit pas en estat de le conserver, & qu’il n’y est demeuré, que parce qu’il n’en pouvoit sortir.

Elle naist des équivoques, lors que les mots essentiels du contract ou de l’ecrit ont diverses significations.

Elle naist de la definition, lors que le nom de la chose est en debat.

Elle naist enfin de l’indétermination ou des cas extraordinaires, lors qu’vne chose tombe sous l’examen des tribunaux, & qu’il n’y a point d’exemple qui puisse servir de regle.

Pour ce qui regarde les écrits, l’un peut dire que celuy qui a fait sous son seing privé, telle ou telle procedure, estoit exact, & que s’il eust eu un tel ou tel dessein, il eust prevenu les doutes: Et l’autre peut répondre que l’expression ne répond pas tousjours à la pensée, que le deffunt estoit homme de bien, & que dans cette derniere qualité, il faut moins considerer ce qu’il semble dire, que ce qu’il a voulu faire.

Pour ce qui regarde les loix, l’un peut dire qu’il ne faut pas se prevaloir de l’imprevoyance des Legislateurs, que le bien est la fin de la loy, & que quand la loy semble démentir sa fin, il faut plustost jetter les yeux de l’esprit sur ce qu’elle exprime, que la loy par exemple qui semble deffendre à l’étranger de monter sur les murailles d’une ville, luy donne cette permission, lors que les ennemis sont aux portes, qu’il est comme naturalisé aux lieux où l’on veut faire son procez, & qu’il ne monte sur les murailles, que pour découvrir la contenance des assiegeans, & l’autre peut répondre qu’il faut respecter les deffences publiques, & qu’encore qu’on puisse opposer l’ame de la loy, qui est sa fin, au corps de la loy mesme, qui sont ses termes, on est coupable d’une haute irreverence, lors qu’on ne tient compte de demander permission de paroistre où l’on ne doit pas estre veu, que les intentions sont invisibles, que les estrangers sont suspects, & que si sous couleur de servir la Republique, il estoit permis à toutes sortes d’habitans de monter sur les murailles d’une ville assiegée, on exposeroit souvent à la discretion des ennemis, l’honneur, les biens, & la vie de tout un peuple.

Pour ce qui regarde les définitions, l’un peut dire que le vulgaire & les sçavans donnent ordinairement un tel ou tel nom, à une telle ou telle action, & que l’action qui passe pour telle dans l’opinion des peuples & des sages doit passer pour la mesme chose dans le sentiment de tous les particuliers, & l’autre peut répondre qu’il n’y a point d’homme qui parle proprement de toutes choses, que la haine, l'ignorance, & la figure grossissent les objets, que les circonstances varient quelquefois les actions humaines: que chaque science a ses Professeurs, & que c’est de l’authorité de ceux qui out doctement écrit de cecy ou de cela, qu’on doit tirer l’éclaircissement des matieres qui les regardent.

Pour ce qui regarde les équivoques, l’un peut recourir aux racines & aux usages, & l’autre peut s’attacher au sous qui precede, & à celuy qui suit, l’un peut s’arrester à la liberté du contractant, & l’autre peut considerer son devoir.

Pour ce qui regarde enfin l’indétermination, c’est à dire les cas extraordinaires: Supposons par exemple, que deux femmes pretendent un mesme enfant, qu’on doive déliberer sur le jugement de la cause, & que la souveraine prudence de Salomon n’ait point servy de regle: L’un peut dire que pour découvrir la veritable mere, il faut observer les pleurs, les empressemens, & la ressemblance, & l’autre peut répondre que la fausse tendresse surpasse quelquefois la veritable, que les divers degrez de l’empressement peuvent avoir un mauvais principe, & que la ressemblance est souvent une marque trompeuse, l’un peut dire encore qu’il faut considerer le lieu, l’âge, & la saison, & l’autre peut repartir qu’il n’est pas fort à propos de bastir un fondement sur ce que chaque party applique à son advantage; L’un peut dire de plus qu’il qu’il faut menacer d’un horrible chastiment celle d’entre les pretendantes qui pourra estre convaincuë de fauseté, & l’autre peut répondre enfin, qu’une veritable mere aime mieux abandoner son enfant, que de consentir à sa destruction, & que pour bien découvrir la verité du faict, il faut ordonner que l’enfant sera partagé.

DES LETTRES ET DES AUTRES

ouvrages qui sont sous le genre

judiciaire.

On range sous ce genre les lettres de reproche, d’excuse, les invectives, les libelles diffamatoires, les apologies.