Bary, 1660 : La Rhetorique Francoise

Définition publiée par Dylan VANOTTI

René Bary, La Rhetorique Francoise Ou L'On Trouve de nouveaux Exemples sur les Passions & sur les Figures. Ou l'On Traite à Fonds de la Matière des Genres Oratoires, Paris, Pierre le Petit, 1660,  deuxième partie, « De la Confirmation », p. 269, « De la Confirmation », p. 280

DE LA CONFIRMATION.

La confirmation consiste en la déduction des raisons, qui peuvent servir de preuves aux parties de la proposition qu’on a mise en avant.

L’Orateur divise les choses dont il veut discourir, parce que la division soulage la memoire, & facilite l’intelligence.

Il s’estend sur les parties de sa division parce que c’est de cét examen que dépend le gain de la cause: Et parce qu’il n’y a gueres de veritez qui ne soient combattües, il rapporte les opinions de ses adversaires, & il détruit leurs fondemens.

Il faut remarquer qu’on affoiblit les sentimens des autres par authorité, par exemple, par experience, & par raison: Que les authoritez conviennent a la Theologie, que les exemples appartiennent à la politique, que l’experience regarde les choses naturelles, & que la raison s’exerce sur toutes sortes de sujets.

Il faut remarquer encore, que quand on soûtient une bonne cause, il faut joindre la raillerie a la seriosité, & que quand on deffend un mauvais party, on doit prevenir les plus foibles objections de la partie adverse.

Il faut remarquer de plus, que les heretiques sont souvent plus credules qu’ils ne pensent: & que quand on dispute contre eux, on doit confronter les veritez qu’ils croyent, avec celles qu’ils ne croyent pas, & faire voir que les premieres sont plus probables que les autres.

Il faut remarquer aussi, qu’une proposition n’est pas tousjours forte de tous costez, qu’il faut passer sous silence les raisons qui sont foibles, ou que si l’on est obligé de les débiter, il faut les joindre avec plusieurs autres.

Il faut remarquer enfin, que les extremitez de la confirmation sont ses principales parties, que les premieres preuves doivent ébranler l’esprit, & que les dernieres raisons doivent détruire l’opiniastreté, que les unes doivent estre fortes, & que les autres doivent estre invincibles.

DE LA CONFIRMATION.

Aristote a raison de dire que dans le genre demonstratif l’amplification tient lieu de preuves, parce qu’on suppose que la chose est, & qu’il ne reste qu’à s’estendre sur les circonstances qui relevent les actions, Que si l’auditeur estoit en doute de l’autheur des actions qu’on se proposeroit de loüer, il faudroit, dit-il, commencer par la preuve du suiet dont il seroit question.

Comme avant que de s’étendre sur ce qu’est le corps, ou sur ce qu’il n’est pas, il est necessaire de prouver son estre, il est necessaire aussi avant que de faire voir dans le genre judiciaire, ce qu’est le fait, ou ce qu’il n’est pas, de prouver son extistence.

Le mesme autheur de cette comparaison, dit que dans le genre déliberatif, il faut faire voir que les moyens qu’on a proposez auront un favorable succez, que s’ils ne l’ont pas, le deffaut de l’évenement ne sera pas fort desavantageux, & que s’il le devient, on aura fait au moins tout ce que la prudence conseille.