Étienne Dubois de Bretteville, 1689 : L’Éloquence de la chaire et du barreau

Définition publiée par Kayirici

Étienne Dubois de Bretteville, L’Éloquence de la chaire et du barreau selon les principes les plus solides de la rhétorique sacrée et profane, Paris, Denys Thierry, 1689, p. 162-163, 177-178

De la Confirmation (par rapport à la
Chaire)

La Confirmation du discours est la preuve des parties de la Division, & un arangement naturel des raisons, dans un ordre qui serve à persuader, en matiere de Plaidoyries. La Confirmation consiste en trois choses.

1. Dans la preuve du droit de sa cause.

2. Dans la refutation des objections, & des faits contraires.

3. Dans les repliques que l’on fait aux moyens des Parties adverses.

Les preuves de la justice d’une cause se prennent de l’autorité & de la raison. L’autorité comprend les Loix, les Coûtumes, les Arrêts, les decisions des Jurisconsultes, & des Canonistes, &c.

[...]

L’on tirera des raisonnemens des Lieux Oratoires, de la nature de l’avarice, qui s’augmente & qui s’accroît toûjours avec le temps ; de ses causes, de ses effets, de ses circonstances, de l’opposition qu’elle a avec Dieu qui est la bonté & la liberalité par essence, avec Jesus-Christ qui s’est dépoüillé de tout pour nous, & avec l’Evangile qui nous enseigne un parfait dénûment, &c.

[...]

Il sera aisé de faire le portrait du cœur d’un avare, & la peinture de sa pauvreté dans sa richesse ; des chagrins, des inquietudes qui le rongent, qui le devorent ; & de son insensibilité pour tout ce qui n’est pas de l’or & de l’argent. Et de tout cela l’Orateur Chrétien formera la Confirmation des parties de son discours, par un mélange eloquent de l’autorité & de la raison, des exemples & du portrait des mœurs orné des plus sublimes Figures ; & concluant par quelque mouvement pathetique, il fera un Sermon également persuasif & touchant. Voilà ce que l’on doit appeller l’Art de l’Amplification.

Mais il doit extrémement prendre garde dans l’ordre & l’arangement de ses preuves, qu’il y ait une suite bien liée, & une certaine Logique de discours, qui fasse que l’Auditeur ne perde jamais de vûë le dessein & la division du Sermon ; de sorte qu’il n’y ait plus rien qui ne contribuë à prouver la proposition qu’on a avancée.