Joseph de Jouvancy, 1710 : Candidatus rhetoricae

Définition publiée par Mattana-Basset

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, troisième partie, "De l'élocution", chap. II, "Des figures", art. I, "Des Figures de Mots", §2. "Des autres Figures de Mots", "La Gradation", p. -178-179 et art. II, "Des Figures de Pensées", "La Gradation", p. 194-195. 

Définition publiée par RARE, le 31 mai 2020

La Gradation < ou Climax > s’emploie quand on s’avance d’une chose à une autre, en répétant ce qui a déjà été dit. Ainsi : « Le travail m’a donné la science ; la science m’a donné la gloire ; la gloire m’a donné l’émulation ; l’émulation m’a donné le bonheur éternel. » Nous parlerons de la gradation plus en détail, quand nous passerons aux figures de pensées.

 

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La Gradation < ou augmentation > n’est pas seulement une figure de mots, mais c’est encore une figure de pensées qui présente, toujours en la graduant, une suite d’idées, d’images et de sentiments. < Par exemple : « Il est malheureux d’être dépouillé de tous ses biens ; plus malheureux de l’être injustement : il est affligeant d’être trompé ; plus affligeant de l’être par un de ses proches : c’est une calamité de perdre sa fortune ; c’en est une plus grande de perdre en même temps son honneur. » Pour Quinctius, § 95. >

Ainsi : « C’est un crime de mettre aux fers un citoyen romain, c’est un attentat de le battre de verges, c’est presque un parricide de le faire mourir, que sera-ce donc de le crucifier ? » < Contre Verrès, V. >