Joseph de Jouvancy, 1710 : Candidatus rhetoricae

Définition publiée par Mattana-Basset

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, troisième partie, "De l'élocution", chap. II, "Des figures", art. II, "Des Figures de Pensées", "L'Interrogation", p. 196-199. 

Définition publiée par RARE, le 01 juin 2020

L’Interrogation s’emploie non pas tant pour s’enquérir d’une chose que pour insister fortement sur un point. Elle est très souvent employée avec beaucoup de succès pour provoquer et exprimer les différents mouvements de l’âme. Il n’y a aucune figure qui ne puisse être transformée en interrogation. Cicéron en donne de nombreux exemples. < En voici une sélection :

« En effet, Tubéron, que faisiez-vous, le fer à la main, dans les champs de Pharsale ? quel sang vouliez-vous répandre ? dans quel flanc vos armes voulaient-elles se plonger ? contre qui s’emportait l’ardeur de votre courage ? vos mains, vos yeux, quel ennemi poursuivaient-ils ? que désiriez-vous ? que souhaitiez-vous ? » Pour Ligarius, § 9.

« Parlerais-je des festins que tu donnas alors de tes effroyables orgies avec tes vils compagnons ? Qui te vit sobre pendant ces journées ? qui te vit rien faire qui fût digne d’un homme libre ? qui même te vit paraître en public ? » Contre Pison, § 22.

« Vous avez stipulé ? Où ? Quel jour ? Dans quel temps ? Devant qui ? Quel témoin déclare que j’en ai pris l’engagement ? » Pour Roscius le comédien, § 13. >

Ainsi, dans un discours contre Verrès il dit : « Tu as tenu un pirate en vie, dans quel but ? pour quel motif ? pourquoi l’as-tu retenu si longtemps ? »

On comprend < à partir de ces exemples > que par des interrogations réitérées et minutieuses on presse fortement son adversaire, et on l’accable d’une grêle de traits.