Joseph Victor Le Clerc, 1837 : Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes

Définition publiée par Corinne Denoyelle

Joseph-Victor Le Clerc, Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes, suivie d'Observations sur les matières de composition dans les classes de rhétorique, et d’une Série de Questions à l’usage de ceux qui se préparent aux Examens dans les Collèges royaux et à la Faculté des Lettres, Bruxelles, Société belge de librairie, etc., Hauman, Cattoir et comp°, 1837 (1ère éd. 1823), p. 5

 

Définition publiée par CD, le 08 février 2017

Le domaine de l’éloquence est infini; mais tous les sujets dont elle s’occupe peuvent se réduire à trois classes, que les anciens ont appelées genres de causes: le démonstratif, le délibératif, et le judiciaire. Le premier a pour objet le présent; le second, l’avenir, le troisième, le passé.

[…] Dans le genre délibératif, on conseille, on dissuade; on exhorte ceux qui délibèrent à prendre tel ou tel parti sur la paix, sur la guerre, sur l’administration des gouvernements ou des corps qui les composent, sur les points généraux de législation. Dans les républiques anciennes, où les questions civiles et politiques se traitaient devant le peuple assemblé, les discours du genre délibératif étaient communs; la fortune, la réputation, l’autorité, étaient attachées à la persuasion de la multitude; le peuple était entraîné par les orateurs [p. 6] habiles et véhéments; tout dépendait de la parole. Les discours délibératifs sont plus rares dans les gouvernements modernes. On peut cependant assigner à ce genre les sermons qui se prononcent dans nos temples, puisqu’ils ont pour but ordinaire d’inspirer l’amour de la vertu et l’horreur du vice. La tribune politique offre aussi une brillante carrière à l’orateur, et nous permet de nouvelles espérances.