Joseph de Jouvancy, 1710 : Candidatus rhetoricae

Définition publiée par Mattana-Basset

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, première partie, "Comprenant les premiers éléments de rhétorique relatifs à l'invention", chap. III, "Des trois genres de causes", p. 64-65 et sixième partie, "Vue d'ensemble et plan des discours choisis de Cicéron", chap. III. "Vue d'ensemble de quelques discours de Cicéron, qui relèvent surtout du genre judiciaire", p. 440-465. 

Définition publiée par RARE, le 08 juin 2020

 

 

CHAPITRE 3

DES TROIS GENRES DE CAUSES

 

[...]

 

En combien de parties se divise le genre Judiciaire ? R. En deux : l’Accusation et la Défense.

[...]

À quel temps se rapporte le genre Judiciaire ? R. Au passé, car personne ne peut être accusé ou défendu que pour un fait déjà accompli.

 

[...]

 

CHAPITRE 3

VUE D’ENSEMBLE DE QUELQUES AUTRES DISCOURS DE CICÉRON,

QUI RELÈVENT SURTOUT DU GENRE JUDICIAIRE

 

ARTICLE 1

Discours Pour le roi Déjotarus

 

Déjotarus, roi de Gallogrèce, avait suivi le parti de Pompée pendant la guerre civile. Lorsque Pompée fut vaincu, il rentra en grâce auprès de César, lequel il est pourtant accusé d’avoir voulu assassiner, accusation portée par son propre petit-fils Castor et par son médecin Philippe, esclave de Déjotarus. Cicéron est son défenseur.

Son début est habile. Cicéron y exprime sa propre crainte et son trouble, dont il donne pour causes : la nouveauté surprenante d’une affaire où se joue la vie même d’un roi ; l’infamie des accusateurs, dont l’un est le petit-fils de Déjotarus, et l’autre son esclave ; la personne de César, qui est juge et partie puisque cette tentative d’assassinat le visait ; et enfin le lieu même : en effet, cette cause n’est pas débattue au forum, où l’affluence de la foule prête à l’orateur une grande confiance et ferveur ; mais entre des murs privés, et dans la demeure même de César (§ 1-7). Il mêle à tout cela, en à peine quelques mots, une sorte d’éloge de César. C’est ainsi qu’il suscite la bienveillance et l’attention. La troisième fonction de l’exorde est d’attirer la haine sur nos adversaires ; il le fait par les causes qui ont poussé ces derniers, comme il l’expose, à porter ces accusations (du § 7 au § 14). Enfin il implore César d’accorder foi à ses dires et d’user de sa clémence, et il adoucit avec intelligence les inimitiés et la colère de César contre Déjotarus.

 Après l’exorde vient la narration, ou plutôt la réfutation d’un pré-jugement très grave, à savoir le fait que, durant la guerre civile, Déjotarus a pris les armes contre César. Il raconte avec un art singulier comment cela s’est passé, et excuse ainsi le roi. Premièrement, parce qu’il a pensé qu’il fallait obéir au Sénat, lequel recommandait le parti de Pompée (§ 11, Lorsqu’il entendit dire). Deuxièmement, il a été trompé par les rumeurs qui couraient. Troisièmement, il a été impressionné par l’autorité de Pompée, qui l’emportait sur tous les autres, avant César, par la gloire de ses exploits (§ 12). Quatrièmement, il s’est éloigné de Pompée après la bataille de Pharsale, il a apporté son soutien à César en de nombreuses occasions, etc. § 13, 14.