Joseph de Jouvancy, 1710 : Candidatus rhetoricae

Définition publiée par Mattana-Basset

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, deuxième partie, "< De la deuxième partie de l'éloquence ou > de la disposition du discours", chap. III, "Des différentes espèces d'argumentation", "L'Enthymème", "L'Induction", p. 126-129. 

Définition publiée par RARE, le 11 juin 2020

L’Induction est une sorte d’enthymème, où, de l’observation de beaucoup de choses semblables, on tire une conclusion. Ce grand nombre de choses observées n’est autre chose que le lieu des antécédents, et la conclusion tirée de ce grand nombre d’observations n’est autre chose que le lieu des conséquents. Nous en avons parlé précédemment < au chapitre 9, article 4 >.

De combien de manières se fait l’induction ? R. De deux : 1° en énumérant toutes les parties que renferme un genre. Exemple : la prudence, la justice, le courage, la tempérance sont des vertus et elles sont louables, par conséquent toute vertu est louable.

L’induction ne se fait-elle pas d’une autre manière ? R. En réunissant plusieurs comparaisons qui peuvent s’appliquer à une chose. Ainsi : Quel est le meilleur fruit ? n’est-ce pas le plus savoureux ? Quel est le premier des astres ? n’est-ce pas le plus brillant ? Quel est le cheval le meilleur ? n’est-ce pas le plus rapide ? De même : Quel est l’homme qui a le plus de mérite ? c’est celui qui l’emporte non par son illustre naissance, mais par ses vertus.

À quoi faut-il faire attention dans l’induction ? R. < Il faut veiller scrupuleusement > 1° À ne citer que des choses absolument certaines ; 2° À n’avancer que des choses semblables à celles que l’induction doit confirmer.