Quintilien, 94 : De l’Institution de l’orateur

Définition publiée par Emma Fanti

Quintilien, De l’Institution de l’orateur, trad. Nicolas Gédoyn, Paris, Grégoire Dupuis, 1718, livre premier, chapitre IV, « Comment on connoist l'esprit des enfans, & de quelle maniere on les doit gouverner. », p. 22.

Quintilien, De l’Institution de l’orateur, trad. Nicolas Gédoyn, Paris, Grégoire Dupuis, 1718, livre troisième, chapitre III, « Que la Rhétorique a cinq parties. », p. 154-157.

LIVRE PREMIER

[...]

CHAPITRE IV. Comment on connoist l'esprit des enfans, & de quelle maniere on les doit gouverner.

[...]

La principale marque d'esprit à cet âge, c'est la memoire qui consiste en deux choses, à apprendre aisément, & à bien retenir. 

[...]

LIVRE TROISIÈME 

[...]

CHAPITRE III. Que la Rhétorique a cinq parties.

Or tout l'Art Oratoire, comme l'enseignent de grands maistres, est composé de cinq parties, qui sont l'Invention, la Disposition, l'Elocution, la Mémoire & la Prononciation, ou l'action ; car on dit l'un & l'autre.  [...] Maintenant, le moyen de dire tout ce qu'il faut sur un sujet ; le moyen de dire chaque chose en son lieu, si la Mémoire ne nous aide ? Elle tient donc justement sa place après les trois prémieres parties. 

Quelques-uns néanmoins, & entr'autres Albutius n'admettent que les trois prémieres parties ; & la raison qu'ils en donnent, c'est que la Mémoire & la Prononciation ou l'action ne sont pas des effets de l'art, mais des dons de la nature. Thrasimaque est de mesme sentiment pour ce qui regarde l'action : mais ils se trompent, la Mémoire & la Prononciation tiennent certainement de l'art, comme on verra par les préceptes que j'en donnerai.

[...] Ciceron dans ses livres de Rhétorique [...] reconnoist pour cinquiesme partie la Mémoire qui entre en une espéce de communauté avec les autres, & en est comme la gardienne & la dépositaire. 

[...]

On demande quel rang doit occuper la Mémoire parmi ces cinq parties de la Rhétorique, s'il la faut mettre après l'Invention ou après la Disposition ; car les sentimens sont partagez. Pour moy je la mets après les trois prémieres parties, & je croy que c'est sa place naturelle ; car ce n'est pas assez de retenir ce que l'on a inventé pour l'arranger, ni de retenir mesme ce que l'on a arrangé pour le prononcer. Il faut de plus que la mémoire nous représente & ce que nous avons inventé, & ce que nous avons arrangé, dans les mesmes termes dont nous avons jugé à propos de nous servir. En effet c'est elle qui doit rendre fidelement à l'Orateur tout ce qu'il s'est proposé de dire, & qu'il luy a confié.