Quintilien, 94 : De l’Institution de l’orateur

Définition publiée par Emma Fanti

Quintilien, De l’Institution de l’orateur, trad. Nicolas Gédoyn, Paris, Grégoire Dupuis, 1718, livre premier, chapitre VI, « Des perfections & des vices de l'Oraison. », p. 40.

LIVRE PREMIER

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CHAPITRE VI. Des perfections & des vices de l'Oraison.

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De sçavoir maintenant combien de sortes [de solécisme] il y en a, c'est un point sur lequel on n'est pas plus d'accord. Ceux dont la division me paroît la plus juste, en font quatre especes, qui sont les mesmes que celles du barbarisme, & consistent dans un mot adjouté, comme veni de Susis in Alexandriam, ou retranché comme Ægypto venio, ambulo viam, ne hoc fecit; ou transposé de façon que l'ordre en soit renversé, comme quoque ego, enim hoc voluit, autem non habuit. Et au sujet de la transposition, on demande si le mot igitur, mis au commencement du discours, doit estre traité de solécisme? à quoy il n'est pas aisé de répondre, parce que les meilleurs escrivains sont partagez là-dessus, les uns l'employant souvent de la sorte, & les autres ne l'employant jamais. Ces trois prémieres especes sont honorées du nom de tropes & de figures par quelques auteurs qui appellent la premiere un pléonasme, c'est-à-dire une adjection; la seconde, une éllipse, c'est-à-dire une detraction; la troisiéme, une anastrophe, c'est-à-dire une inversion.