Bernard Lamy, 1712 : La Rhétorique ou l’Art de parler

Définition publiée par Barbero Valenitne

Bernard Lamy, La Rhétorique ou l’Art de parler (5ème éd., 1712), éd. Ch. Noille-Clauzade (1998), Paris, Florentin Delaulne, 1715, p.52-53

 CHAPITRE XI. Comment l'on peut exprimer toutes les opérations de notre esprit, et les passions ou affections de notre volonté.

 

Nous avons vu comment se marquent les deux premières opérations de l'esprit, nos perceptions ou nos idées, et les jugements que nous faisons de ce que nous avons aperçu. Voyons de quelle manière nous pouvons exprimer la troisième opération qui est le raisonnement. Nous raisonnons lorsque d'une ou de deux propositions claires et évidentes, nous concluons la vérité ou la fausseté d'une troisième proposition obscure et contestée. Comme si pour montrer que Milon est innocent, nous disions : il est permis de repousser la force par la force ; Milon en tuant Clodius, n'a fait que repousser la force par la force ; donc Milon a pu tuer Clodius. Le raisonnement n'est qu'une extension de la seconde opération, et un enchaînement de deux ou de plusieurs propositions. Ainsi il est évident que nous n'avons besoin que de quelques petits mots pour marquer cet enchaînement, comme sont les particules donc, enfin, car, partant, puisque, etc. Quelques philosophes reconnaissent une quatrième opération de l'esprit, qu'ils appellent méthode. Par cette opération on dispose et on ordonne plusieurs raisonnements. On peut de même exprimer cette disposition et cet ordre par quelques petites particules.