Bernard Lamy, 1712 : La Rhétorique ou l’Art de parler

Définition publiée par Barbero Valenitne

Bernard Lamy, La Rhétorique ou l’Art de parler (5ème éd., 1712), éd. Ch. Noille-Clauzade (1998), Paris, Florentin Delaulne, 1715, p.117

CHAPITRE II. Il n'y a point de langue assez riche et assez abondante pour fournir des termes capables d'exprimer toutes les différentes faces sous lesquelles l'esprit peut se représenter une même chose. Il faut avoir recours à de certaines façons de parler qu'on appelle tropes, dont on explique ici la nature et l'invention.

La fécondité de l'esprit des hommes est si grande, qu'ils trouvent stériles les langues les plus fécondes. Ils tournent les choses en tant de manières, ils se les représentent sous tant de faces différentes, qu'ils ne trouvent point de termes pour toutes les diverses formes de leurs pensées. Les mots ordinaires ne sont pas toujours justes, ils sont ou trop forts, ou trop faibles. Ils n'en donnent pas la juste idée qu'on en veut donner. C'est néanmoins ce que ceux qui parlent avec art recherchent avec plus d'empressement ; car c'est en cela que consiste l'éloquence.