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1689 : Étienne Dubois de Bretteville

L’Éloquence de la chaire et du barreau

Étienne Dubois de Bretteville, L’Éloquence de la chaire et du barreau selon les principes les plus solides de la rhétorique sacrée et profane, Paris, Denys Thierry, 1689, p. 225

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1837 : Joseph Victor Le Clerc

Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes

Joseph-Victor Le Clerc, Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes, suivie d'Observations sur les matières de composition dans les classes de rhétorique, et d’une Série de Questions à l’usage de ceux qui se préparent aux Examens dans les Collèges royaux et à la Faculté des Lettres, Bruxelles, Société belge de librairie, etc., Hauman, Cattoir et comp°, 1837 (1ère éd. 1823), p. 23

 

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1872 : Colonia

De arte rhetorica, libri quinque

Dominique De Colonia, De Arte rhetorica libri quinque, Lyon, apud Briday Bibliopolam, 1872, chap. II, art. III, "De Descriptione", p. 30-33

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Dictionnaires et encyclopédies

Furetière

Seconde ou troisiéme copie, etc. Voilà la troisiéme description que je fais faire de cette piece, et si elle n’est pas encore correcte.

Description, signifie aussi une peinture, une representation d’une chose au naturel par des figures, par le discours. Les Poëtes font des descriptions fleuries des campagnes, des batailles, des personnes passionnées. On fait le portrait, la description d’un homme, en representant sa taille, son poil, ses traits de visage, ses gestes, ses manieres d’agir. Il n’en a fait la description qu’en gros. On a peint, on a fait la description du passage du Rhin.

Description, se dit aussi d’une definition grossiere et imparfaite, qui donne seulement une idée de la chose, et qui n’en explique pas la nature.

 

Encyclopédie

[Mallet]

Définition imparfaite & peu exacte, dans laquelle on tâche de faire connoître une chose par quelques propriétés & circonstances qui lui sont particulieres, suffisantes pour en donner une idée & la faire distinguer des autres, mais qui ne developpent point sa nature & son essence.

 

Les Grammairiens se contentent de descriptions ; les Philosophes veulent des définitions. Voyez Définition.

 

Une description est l’énumération des attributs d’une chose, dont plusieurs sont accidentelles, comme lorsqu’on décrit une personne par ses actions, ses paroles, ses écrits, ses charges, &c. Une description au premier coup d’œil a l’air d’une définition ; elle est même convertible avec la chose décrite, mais elle ne la fait pas connoître à fond, parce qu’elle n’en renferme pas ou n’en expose pas les attributs essentiels. Par exemple, si l’on dit que Damon est un jeune homme bienfait, qui porte ses cheveux, qui a un habit noir, qui fréquente bonne compagnie, & fait sa cour à tel ou tel ministre ; il est évident qu’on ne fait point connoître Damon, puisque les choses par lesquelles on le designe lui sont extérieures & accidentelles, jeune, cheveux, habit noir, fréquenter, faire sa cour, qui ne designent point le caractere d’une personne, Une description n’est donc pas proprement une réponse à la question quid est, qu’est il ? mais à celle-ci, quis est, qui est-il ?

 

En effet, les descriptions servent principalement à faire connoître les singuliers ou individus ; car les sujets de la même espece ne different point par leurs essences, mais seulement comme hic & ille, & cette différence n’a rien qui les fasse suffisamment remarquer ou distinguer. Mais les individus d’une même espece different beaucoup par les accidens : par exemple, Alexandre étoit un fléau, Socrate un sage, Auguste un politique, Titus un juste.

 

Une description est donc proprement la réunion des accidens par lesquels une chose se distingue aisément d’une autre, quoiqu’elle n’en differe que peu ou point par sa nature. Voyez Accident, Mode, &c.

 

La description est la figure favorite des Orateurs & des Poëtes, & on en distingue de diverses sortes : 1°. celle des choses, comme d’un combat, d’un incendie, d’une contagion, d’un naufrage : 2°. celle des tems qu’on nomme autrement chronographie, voyez Chronographie : 3°. celle des lieux qu’on appelle aussi topographie, voyez Topographie : 4°. celle des personnes ou des caracteres que nous nommons portrait, voyez Portrait. Les descriptions des choses doivent présenter des images qui rendent les objets comme présens ; telle est celle que Boileau fait de la mollesse dans le lutrin :

 

La mollesse oppressée

Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée,

Et lasse de parler, succombant sous l’effort,

Soupire, étend les bras, ferme l’œil & s’endort.

 

[Jaucourt]

Mais d’où vient que dans toutes les descriptions qui peignent bien les objets, qui par de justes images les rendent comme présens, non-seulement ce qui est grand, extraordinaire, ou beau, mais même ce qui est desagréable à voir, nous plaît si fort ? c’est que les plaisirs de l’imagination sont extrèmement étendus. Le principe de ce plaisir semble être une action de l’esprit qui compare les idées que les mots font naître avec celles qui lui viennent de la présence même des objets. Voilà pourquoi la description d’un fumier peut plaire à l’entendement par l’exactitude & la propriété des mots qui servent à le dépeindre. Mais la description des belles choses plaît infiniment davantage, parce que ce n’est pas la seule comparaison de la peinture avec l’original qui nous séduit, mais nous sommes aussi ravis de l’original même. La plûpart des hommes aiment mieux la description que Milton fait du paradis, que de celle qu’il donne de l’enfer, parce que dans l’une, le feu & le souffre ne satisfont pas l’imagination, comme le font les parterres de fleurs & les bocages odoriférans : peut-être néanmoins que les deux peintures sont également parfaites dans leur genre.

 

Cependant une des plus grandes beautés de l’art des descriptions, est de représenter des objets capables d’exciter une secrette émotion dans l’esprit du lecteur, & de mettre en jeu ses passions ; & ce qu’il y a de singulier, c’est que les mêmes passions qui nous sont desagréables en toute autre tems, nous plaisent lorsque de belles & vives descriptions les élevent dans nos cœurs ; il arrive que nous aimons à être épouvantés ou affligés par une description, quoique nous sentions tant d’inquiétude dans la crainte & la douleur qui nous viennent d’une toute autre cause. Nous regardons, par exemple, les terreurs qu’une description nous imprime avec la même curiosité & le même plaisir que nous trouvons à contempler un monstre mort : plus son aspect est effrayant, plus nous goûtons de plaisir à n’avoir rien à craindre de ses insultes. Ainsi lorsque nous lisons dans quelque histoire des descriptions de blessures, de morts, de tourmens, le plaisir que ces descriptions font en nous, ne naît pas seulement de la douleur qu’elles causent, mais encore d’une secrette comparaison que nous faisons de n’être pas dans le même cas.

 

Comme l’imagination peut se représenter à elle-même des choses plus grandes, plus extraordinaires, & plus belles que celles que la nature offre ordinairement aux yeux, il est permis, il est digne d’un grand maître de rassembler dans ses descriptions toutes les beautés possibles. Il n’en coûte pas davantage de former une perspective très-vaste, qu’une perspective qui seroit fort bornée ; de peindre tout ce qui peut faire un beau paysage champêtre, la solitude des rochers, la fraîcheur des forêts, la limpidité des eaux, leur doux murmure, la verdure & la fermeté du gason, les Sites de l’Arcadie, que de dépeindre seulement quelques-uns de ces objets. Il ne faut point les représenter comme le hasard nous les offre tous les jours, mais comme on s’imagine qu’ils devroient être. Il faut jetter dans l’ame l’illusion & l’enchantement. En un mot, un auteur, & sur-tout un poëte qui décrit d’après son imagination, a toute l’œconomie de la nature entre ses mains, & il peut lui donner les charmes qu’il lui plaît, pourvû qu’il ne la réforme pas trop, & que pour vouloir exceller, il ne se jette pas dans l’absurde ; mais le bon goût & le génie l’en garantiront toûjours. Voyez les réflexions de M. Adisson sur cette matiere.

 

Littré

Terme de rhétorique et de littérature. Ornement du discours qui consiste à peindre sous les couleurs les plus vives ce que l’on croit être agréable au lecteur.

Soyez riche et pompeux dans vos descriptions. [Boileau, L’art poétique]