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1710 : Joseph de Jouvancy

Candidatus rhetoricae

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, cinquième partie, "Exercices préparatoires < d'Aphthonius >", IV. "Quatrième exercice préparatoire, De l'éthopée", p. 360-373. 

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1872 : Colonia

De arte rhetorica, libri quinque

Dominique De Colonia, De Arte rhetorica libri quinque, Lyon, apud Briday Bibliopolam, 1872, Liber Primus, chap. I, art. I, "De Figuris sententiarum", § II., "De figuris ad delectandum magis idoneis", IV., "De Ethopoeia et Prosographia", p 82-83

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Dictionnaires et encyclopédies

CN. voir Mimesis et, chez Pajot, Imitatio

CN. Un des Progymnasmata.

Furetière

Figure de Rhetorique, qui est une description des mœurs et des passions de quelque personne, qui s’appelle aussi Ethologie. Elle differe de la Prosopopée, en ce que dans celle-cy ce sont des personnes feintes qu’on fait parler ; au lieu que dans l’ethopée on descrit les mœurs des personnes veritables. Ce mot est Grec, et signifie peinture des mœurs. Il vient du Grec ithos, mos, consuetudo, et poieo, facio, fingo, describo.

 

Encyclopédie

[Mallet]

Ethopœia ou ethopia ; qu’on appelle aussi éthologie ; figure de Rhétorique. C’est une description, un portrait des mœurs, passions, génie, tempérament, &c. de quelque personne. Voyez Hypotipose.

 

Ce mot est formé du grec ἦθος, mœurs, coûtumes ; & de ποιῶ, facio, fingo, describo. Quintilien, liv. IX. ch. ij. appelle cette figure imitatio morum alienorum : nous la nommons pourtrait ou caractere.

 

Tel est ce beau passage on Salluste sait le portrait de Catilina : sait magna vi & animi & corporis, sed ingenio malo, pravoque, & le reste, qu’on peut voir dans cet historien. Nous en citerons ici deux autres également admirables. L’un est le portrait de Cromwel, tracé par M. Bossuet dans son oraison funebre de la reine d’Angleterre.

Un homme, dit-il, s’est trouvé d’une profondeur d’esprit incroyable ; hipocrite raffine autant qu’habile politique, capable de tout entreprendre & de tout cacher : egalement actif & infatigable dans la guerre & dans la paix, qui ne laissoit rien à la fortune de ce qu’il pouvoit lui ôter par conseil & par prévoyance ; mais au reste si vigilant & si pret à tout, qu’il n’a jamais manqué les occasions qu’elle lui a présentées : enfin un de ces esprits remuans & audacieux, qui semblent être nés pour changer le monde.

 

L’autre est la peinture que Sarrasin a faite de ce Wastein, si fameux dans le dernier siecle.

Albert Walstein, dit-il, eut l’esprit grand & hardi, mais inquiet & ennemi du repos ; le corps vigoureux & haut, le visage plus majestueux qu’agréable. Il fut naturellement fort sobre, ne dormant presque point, travaillant toûjours ; surmontant les incommodités de la goutte & de l’âge, par la tempérance & par l’exercice ; supportant aisément la faim, fuyant les délices, parlant peu & pensant beaucoup ; écrivant lui-même toutes les affaires ; vaillant & judicieux à la guerre, admirable à lever & à faire subsister les armées ; sévere à faire punir les soldats, prodigue à les récompenser, pourtant avec choix & dessein ; toûjours ferme contre le malheur ; civil dans le besoin, ailleurs fier & orgueilleux ; ambitieux sans mesure ; envieux de la gloire d’autrui, jaloux de la sienne ; implacable dans la haine, cruel dans la vengeance ; prompt dans la colere ; ami de la magnificence, de l’ostentation & de la nouveauté ; extravagant en apparence, mais ne faisant rien sans dessein, & ne manquant jamais du prétexte du bien public, quoiqu’il rapportât tout à l’accroissement de sa fortune ; méprisant la religion, qu’il faisoit servir à la politique ; artificieux au possible, & principalement à paroître desintéressé : au reste très-curieux & très-clairvoyant dans les desseins des autres ; très-avisé à conduire les siens, sur-tout adroit à les cacher ; & d’autant plus impénétrable, qu’il affectoit en public la candeur & la sincérité, & blâmoit en autrui la dissimulation, dont il se servoit en toutes choses.

 

On divise l’éthopée en prosographie, & éthopée proprement dite. La premiere est une description du corps, de la contenance, de la figure, de l’ajustement, &c. L’autre est le portrait de l’esprit & du cœur. Celui de Walstein, que nous venons de citer, réunit toutes ces parties.

 

Littré

Terme de littérature. Figure de pensée qui a pour objet la peinture des mœurs et du caractère d’un personnage.