Dictionnaires et encyclopédies

CN. voir Adjuncta personarum

Furetière

Fortune, signifie aussi, l’establissement, le credit, les biens qu’on a acquis par son merite, ou par hasard. Cet homme fera fortune, poussera bien loin sa fortune, sçaura bien mesnager sa fortune, n’abusera pas de sa fortune. il faut qu’un homme sage se contente d’une fortune mediocre. heureux celuy qui ne change point de fortune. sa richesse est une fortune du jeu. il n’a jamais manqué de fortune.

On dit aussi, Brusquer fortune, pour dire, Chercher à faire quelque gain ou establissement, du mot buscar, Espagnol, qui signifie, Chercher.

Fortune, signifie aussi les gens puissans et en credit. Ainsi on dit, Se sacrifier, s’attacher à la fortune de quelqu’un, se devoüer tout à lui, courir même fortune que luy, estre compagnon de fortune.

On appelle un homme de fortune, Celuy qui n’ayant ni naissance, ni bien, parvient à quelque grande charge ou establissement. On a veu des soldats de fortune devenir Mareschaux de France.

 

Littré

7. La fortune de quelqu’un, ce qui peut lui arriver de bien ou de mal.

Me faire la faveur d’assurer particulièrement trois d’entre elles [personnes] que, quelque loin que me jette ma fortune, la meilleure partie de moi-même sera toujours au lieu où elles seront. [Voiture, Lettres]

 

Il se dit aussi des choses. La fortune d’un livre. La fortune des empires.

 

8. Plus particulièrement, la fortune de quelqu’un, son heureuse fortune, les succès qu’il obtient.

Cromwell alors se fit nommer gouverneur d’Irlande ; il partit avec l’élite de son armée, et fut suivi de sa fortune ordinaire. [Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations et sur les principaux faits de l’histoire depuis Charlemagne jusqu’à Louis XIII]

 

Richesses, biens. Jouir d’une grande fortune. Il est sans fortune. Il n’a point de fortune.

Si sa fortune était petite, Elle était sûre tout au moins. [La Fontaine, Fables]

 

Homme de fortune, homme riche.

L’Huillier, homme de fortune, prenait un soin singulier de l’éducation du jeune Chapelle, son fils naturel. [Voltaire, Vie de Molière.]

 

Être mal avec la fortune, être besogneux, n’être pas riche.

C’était une des plus belles femmes de la ville, assez magnifique pour vouloir aller de pair avec celles qui l’étaient le plus, mais trop mal avec la fortune pour pouvoir en soutenir la dépense. [Hamilton, Mémoires du chevalier de Grammont]

 

Faire fortune, gagner de la richesse.

Je n’ai que faire d’aller en Hollande, ma fortune est faite, se disait, par raillerie, à un homme faisant beaucoup de promesses.