Définitions

Ajouter une définition

1671 : Le Gras

La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire

Le Gras, La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire, Paris, A. de Rafflé, 1671, Troisième partie de la Rethorique, « De l'Elocution », chap. III, « Des Tropes », p. 195.

 

Consulter

1710 : Joseph de Jouvancy

Candidatus rhetoricae

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, troisième partie, "De l'élocution", chap. II, "Des figures", art. I, "Des Figures de Mots", §1. "Des Tropes", "L'Allégorie", p. 173 et art. II, "Des Figures de Pensées", "L'Allégorie", p. 183. 

 

Consulter

1782 : Pierre Thomas Nicolas Hurtaut

Manuale rhetorices

P. T. N. Hurtaut, Manuale rhetorices ad usum studiosae juventutis academicae, Exemplis tum Oratoriis, tu Poeticis, editio tertia, Paris, chez l'auteur, 1782, troisième section "De Elocutione", chapitre II "De Sermonis Dignitate", "Secundum genus Troporum, I "De Allegoria", p. 189-194..

Consulter

1837 : Joseph Victor Le Clerc

Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes,

Joseph-Victor Le Clerc, Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes, suivie d'Observations sur les matières de composition dans les classes de rhétorique, et d’une Série de Questions à l’usage de ceux qui se préparent aux Examens dans les Collèges royaux et à la Faculté des Lettres, Bruxelles, Société belge de librairie, etc., Hauman, Cattoir et comp°, 1837 (1ère éd. 1823), p. 224-225.

Consulter

1872 : Colonia

De arte rhetorica, libri quinque

Dominique De Colonia, De Arte rhetorica libri quinque, Lyon, apud Briday Bibliopolam, 1872, Liber Primus, chap. I, art. II, "De Figuris verborum", § I, "De Tropis", I., "De Allegoria", p 92-93

Consulter

Dictionnaires et encyclopédies

Furetière

Figure de Rethorique, qui est une metaphore continuée, quand on se sert d’un discours qui est propre à une chose pour en faire entendre une autre. Le Vieux Testament est une perpetuelle Allegorie des mysteres contenus dans le Nouveau. Philon Juif a fait trois livres des Allegories sur l’ouvrage des six jours.

 

Encyclopédie

[Mallet]

Figure de Rhétorique par laquelle on employe des termes qui, pris à la lettre, signifient toute autre chose que ce qu’on veut leur faire signifier. L’allégorie n’est proprement autre chose qu’une métaphore continuée, qui sert de comparaison pour faire entendre un sens qu’on n’exprime point, mais qu’on a en vûe. C’est ainsi que les Orateurs & les Poëtes ont coûtume de représenter un état sous l’image d’un vaisseau, & les troubles qui l’agitent sous celle des flots & des vents déchainés ; par les Pilotes, ils entendent les Souverains ou les Magistrats ; par le port, la paix ou la concorde. Horace fait un pareil tableau de sa patrie prête à être replongée dans les horreurs d’une guerre civile, dans cette belle ode qui commence ainsi :

O navis, reserent in mare te novi Fluctus, &c.

La plûpart des Théologiens trouvent l’ancien Testament plein d’allégories & de sens typiques qu’ils rapportent au nouveau : mais on convient que le sens allégorique, à moins qu’il ne soit fondé sur une tradition constante, ne forme pas un argument sur comme le sens littéral. Sans cette sage précaution, chaque fanatique trouveroit dans l’Ecriture dequoi appuyer ses visions. En effet c’est en matiere de religion surtout, que l’allégorie est d’un plus grand usage. Philon le Juif a fait trois livres d’allégories sur l’histoire des six jours. Voyez Hexameron. Et l’on sait assez quelle carriere les Rabbins ont donnée à leur imagination dans le Talmud & dans leurs autres Commentaires.

 

Les Payens eux-mêmes faisoient grand usage des allégories, & cela avant les Juifs ; car quelques-uns de leurs Philosophes voulant donner des sens raisonnables à leurs fables & à l’histoire de leurs dieux, prétendirent qu’elles signifioient toute autre chose que ce qu’elles portoient à la lettre ; & de là vint le mot d’allégorie, c’est-à-dire un discours qui, à le prendre dans son sens figuré ἄλλο ἀγορεύει, signifie toute autre chose que ce qu’il énonce. Ils eurent donc recours à cet expédient pour contenter de leur mieux ceux qui étoient choqués des absurdités dont les Poëtes avoient farci la religion, en leur insinuant qu’il ne falloit pas prendre à la lettre ces fictions, qu’elles contenoient des mysteres, & que leurs dieux avoient été des personnages tout autrement respectables que ne les dépeignoit la Mythologie, dont ils donnerent des explications telles qu’ils les vouloient imaginer : ensorte qu’on ne vit plus dans les fables que ce qui n’y étoit réellement pas ; on abandonna l’historique qui révoltoit, pour se jetter dans la mysticité qu’on n’entendoit pas.

 

M. de la Nause dans un discours sur l’origine & l’antiquité de la cabale, inséré dans le tome IX. de l’Académie des Belles-Lettres, prétend que ce n’étoit point pour se cacher, mais pour se mieux faire entendre, que les Orientaux employoient leur style figuré, les Egyptiens leurs hiéroglyphes, les Poetes leurs images, & les Philosophes la singularité de leurs discours, qui étoient autant d’especes d’allégories. En ce cas il faudra dire, que l’explication étoit plus obscure que le texte, & l’expérience le prouva bien ; car on brouilla si bien les signes figuratifs avec les choses figurées, & la lettre de l’allégorie avec le sens qu’on prétendoit qu’elle enveloppoit, qu’il fut très-difficile, pour ne pas dire impossible, de démêler l’un d’avec l’autre. Les Platoniciens surtout donnoient beaucoup dans cette méthode : & le desir de les imiter en transportant quelques-unes de leurs idées aux mysteres de la véritable religion, enfanta dans les premiers siecles de l’Eglise les hérésies des Marcionites, des Valentiniens, & de plusieurs autres compris sous le nom de Gnostiques.

 

C’étoit de quelques Juifs récemment convertis, tels qu’Ebion, que cette maniere de raisonner s’étoit introduite parmi les Chrétiens. Philon, comme nous l’avons déjà dit, & plusieurs autres Docteurs Juifs s’appliquoient à ce sens figuré, flatteur pour certains esprits par la nouveauté & la singularité des découvertes qu’ils s’imaginent y faire. Quelques Auteurs des premiers siecles du Christianisme, tels qu’Origene, imiterent les Juifs & expliquerent aussi l’ancien & le nouveau Testament par des allégories. Voyez Allégorique & Prophétie.

 

Quelques Auteurs, & entre autres le P. le Bossu, ont pensé que le sujet du Poëme épique n’étoit qu’une maxime de morale allégoriée, qu’on revêtoit d’abord d’une action chimérique, dont les acteurs étoient A & B ; qu’on cherchoit ensuite dans l’histoire quelque fait intéressant, dont la vérité mise avec le fabuleux pût donner au Poëme quelque vraissemblance, & qu’ensuite on donnoit des noms aux acteurs, comme Achille, Enée, Renaud, &c. Voyez ce qu’on doit penser de cette prétension sous le mot Epopée ou Poeme Epique.

 

Littré

Sorte de métaphore continuée, espèce de discours qui est d’abord présenté sous un sens propre, et qui ne sert que de comparaison pour donner l’intelligence d’un autre sens qu’on n’exprime point. Quand Pythagore disait : N’attisez point le feu avec l’épée, il voulait dire : Ne donnez pas des armes à des gens en colère ; il ne défendait pas d’employer une épée pour attiser son feu.

La religion se tournait en allégories. [Bossuet, Discours sur l’histoire universelle]