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1837 : Joseph Victor Le Clerc

Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes,

Joseph-Victor Le Clerc, Nouvelle Rhétorique, extraite des meilleurs écrivains anciens et modernes, suivie d'Observations sur les matières de composition dans les classes de rhétorique, et d’une Série de Questions à l’usage de ceux qui se préparent aux Examens dans les Collèges royaux et à la Faculté des Lettres, Bruxelles, Société belge de librairie, etc., Hauman, Cattoir et comp°, 1837 (1ère éd. 1823) (p. 270-271.

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Dictionnaires et encyclopédies

Furetière

Terme de Rethorique. C’est une figure qui se fait par un petit jeu de mots qui sont presque semblables. L’affectation des allusions est extremement vicieuse en France. Mais on peut élegamment faire allusion à quelque apophthegme, à quelque histoire, à quelque coustume, lors qu’on dit quelque chose qui y a du rapport, et qu’on veut faire entendre au lecteur, ou à l’auditeur, qu’on y a pensé en l’escrivant. Ce mot est composé du Latin ludere, parce que l’allusion est en effet un jeu de mots.

 

Encyclopédie

[Mallet, Diderot]

Est une figure de Rhétorique, par laquelle on dit une chose qui a du rapport à une autre, sans faire une mention expresse de celle à laquelle elle a rapport. Ainsi subir le joug, est une allusion à l’usage des Anciens de faire passer leurs ennemis vaincus sous une traverse de bois portant sur deux montans, laquelle s’appelloit jugum. Ces sortes d’allusions, quand elles ne sont point trop obscures, donnent de la noblesse & de la grace au discours.

 

Il y a une autre espece d’allusion qui consiste dans un jeu de mots, fondé sur la ressemblance des sons, telle que celle que faisoient les Romains sur le nom de l’Empereur Tiberius Nero, qu’ils appelloient Biberius Mero ; ou celle qu’on trouve dans Quintilien sur le nom d’un certain Placidus, homme aigre & caustique, dont en ôtant les deux premieres lettres on fait acidus. Cette seconde sorte d’allusion est ordinairement froide & insipide.

 

Ce mot vient de la préposition Latine ad, & de ludere, joüer ; parce qu’en effet l’allusion est un jeu de pensées ou de mots.

 

* Une observation à faire sur les allusions en général, c’est qu’on ne doit jamais les tirer que de sujets connus, ensorte que les auditeurs ou les lecteurs n’ayent pas besoin de contention d’esprit pour en saisir le rapport, autrement elles sont en pure perte pour celui qui parle ou qui écrit.

 

Littré

Figure de rhétorique consistant à dire une chose qui fait penser à une autre. On distingue les allusions en historiques, quand elles rappellent un trait d’histoire ; mythologiques, si elles sont fondées sur un point de la fable ; nominales, si elles reposent sur un nom ; verbales, si elles consistent dans le mot seulement, c’est-à-dire dans une équivoque.

Benserade faisait des allusions délicates et piquantes aux caractères des personnes. [Voltaire, Le siècle de Louis XIV]