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1660 : Bary

La Rhetorique Francoise

René Bary, La Rhetorique Francoise Ou L'On Trouve de nouveaux Exemples sur les Passions & sur les Figures. Ou l'On Traite à Fonds de la Matière des Genres Oratoires, Paris, Pierre le Petit, 1660, troisième partie, « De l'Ironie », p. 379

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1671 : Le Gras

La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire

Le Gras, La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire, Paris, A. de Rafflé, 1671, Troisième partie de la Rethorique, « De l'Elocution », chap. III, « Des Tropes », p. 196-197.

 

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1671 : Le Gras

La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire

Le Gras, La Rhetorique Françoise ou les preceptes de l'ancienne et vraye eloquence accomodez à l'usage des conversations & de la Societé civile : Du Barreau : Et de la Chaire, Paris, A. de Rafflé, 1671, Troisième partie de la Rethorique, « De l'Elocution », chap. IV, « Des Figures de Sentences », p. 213-214.

 

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1689 : Étienne Dubois de Bretteville

L’Éloquence de la chaire et du barreau

Étienne Dubois de Bretteville, L’Éloquence de la chaire et du barreau selon les principes les plus solides de la rhétorique sacrée et profane, Paris, Denys Thierry, 1689, p. 285-286

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1710 : Joseph de Jouvancy

Candidatus rhetoricae

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, troisième partie, "De l'élocution", chap. II, "Des figures", art. II, "Des Figures de Pensées", "L'Ironie", p. 198-203. 

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1872 : Colonia

De arte rhetorica, libri quinque

Dominique De Colonia, De Arte rhetorica libri quinque, Lyon, apud Briday Bibliopolam, 1872, Liber Primus, chap. I, art. II, "De Figuris verborum", § I, "De Tropis", IV., "De Ironia", p 96-97

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Dictionnaires et encyclopédies

Furetière

Figure dont se sert l’Orateur pour insulter à son adversaire, le railler, et le blasmer, en faisant semblant de le loüer. L’ironie consiste dans le ton, aussi-bien que dans les paroles. Les contre-verités sont les plus fortes ironies. Ce mot vient du Grec eironeia ; dissimulation, feintise, du verbe eironeuomai, dissimulo, je dissimule.

Encyclopédie

[Beauzée]

C’est, dit M. du Marsais, Tropes II. xiv. une figure par laquelle on veut faire entendre le contraire de ce qu’on dit…

M. Boileau, qui n’a pas rendu à Quinault toute la justice que le public lui a rendue depuis, en parle ainsi par ironie. Sat. 9.

Toutefois, s’il le faut, je veux bien m’en dédire ;

Et pour calmer enfin tous ces flots d’ennemis,

Réparer en mes vers les maux qu’ils ont commis :

Puisque vous le voulez, je vais changer de style.

Je le déclare donc, Quinault est un Virgile.

 

Lorsque les prêtres de Baal invoquoient vainement cette fausse divinité, pour en obtenir un miracle que le prophete Elie savoit bien qu’ils n’obtiendroient pas ; ce saint homme les poussa par une ironie excellente ; III. Reg. xviij. 27. il leur dit :

Clamate voce majore ; Deus enim est, & forsitan loquitur, aut in diversorio est, aut in itinere, ailt certè dormit, ut excitetur.

 

L’épître du P. du Cerceau à M. J. D. F. A. G. A. P. (Joli de Fleuri, avocat général au parlement) est une ironie perpétuelle, pleine de principes excellens cachés sous des contre- vérités ; mais l’auteur, en s’y plaignant de la décadence du bon goût, y devient quelquefois la preuve de la vérité & de la justice de ses plaintes.

Les idées accessoires, dit M. du Marsais, ibid. sont d’un grand usage dans l’ironie : le ton de la voix, & plus encore la connoissance du mérite ou du démérite personnel de quelqu’un, & de la façon de penser de celui qui parle, servent plus à faire connoître l’ironie, que les paroles dont on se sert. Un homme s’écrie, ô le bel esprit ! Parle-t-il de Cicéron, d’Horace ; il n’y a point-là d’ironie ; les mots sont pris dans le sens propre. Parle-t-il de Zoïle ; c’est une ironie : ainsi l’ironie fait une satyre, avec les mêmes paroles dont le discours ordinaire fait un éloge.

 

Quintilien distingue deux especes d’ironie, l’une trope, & l’autre figure de pensée. C’est un trope, selon lui, quand l’opposition de ce que l’on dit à ce que l’on prétend dire, ne consiste que dans un mot ou deux ; comme dans cet exemple de Cicéron, 1. Catil. cité par Quintilien même :

à quo repudiatus, ad sodalem tauri, virum optimum M. Marcellum demigrasti,

où il n’y a en effet d’ironie que dans les deux mots virum optimum. C’est une figure de pensée, lorsque d’un bout à l’autre le discours énonce précisément le contraire de ce que l’on pense : telle est, par exemple, l’ironie du P. du Cerceau, sur la décadence du goût. La différence que Quintilien met entre ces deux especes est la même que celle de l’allégorie & de la métaphore ;

ut quemadmodum ἀλληγορίαν facit continua μεταφορὰ, sic hoc schema faciat troporum ille contextus. Inst. orat. IX. iij.

 

N’y a-t-il pas ici quelque inconséquence ? Si les deux ironies sont entre elles comme la métaphore & l’allégorie, Quintilien a dû regarder également les deux premieres especes comme des tropes, puisqu’il a traité de même les deux dernieres. M. du Marsais plus conséquent, n’a regardé l’ironie que comme un trope, par la raison que les mots dont on se sert dans cette figure, ne sont pas pris, dit-il, dans le sens propre & littéral : mais ce grammairien ne s’est-il pas mépris lui-même ?

Les tropes, dit-il, Part. I. art. iv. sont des figures par lesquelles on fait prendre à un mot une signification qui n’est pas précisément la signification propre de ce mot.

Or il me semble que dans l’ironie il est essentiel que chaque mot soit pris dans sa signification propre ; autrement l’ironie ne seroit plus une ironie, une mocquerie, une plaisanterie, illusio, comme le dit Quintilien, en traduisant littéralement le nom grec εἰρωνεία. Par exemple, lorsque Boileau dit, Quinault est un Virgile ; il faut 1°. qu’il ait pris d’abord le nom individuel de Virgile, dans un sens appellatif, pour signifier par autonomase excellent poëte : 2°. qu’il ait conservé à ce mot ce sens appellatif, que l’on peut regarder en quelque sorte comme propre, relativement à l’ironie ; sans quoi l’auteur auroit eû tort de dire,

Puisque vous le voulez, je vais changer de style ;

 

Il avoit assez dit autrefois que Quinault étoit un mauvais poëte, pour faire entendre que cette fois-ci changeant de style, il alloit le qualifier de poëte excellent. Ainsi le nom de Virgile est pris ici dans la signification que l’autonomase lui a assignée ; & l’ironie n’y fait aucun changement. C’est la proposition entiere ; c’est la pensée qui ne doit pas être prise pour ce qu’elle paroît être ; en un mot, c’est dans la pensée qu’est la figure. Il y a apparence que le P. Jouvency l’entendoit ainsi, puisque c’est parmi les figures de pensées qu’il place l’ironie : & Quintilien n’auroit pas regardé comme un trope le virum optimum que Cicéron applique à Marcellus, s’il avoit fait réflexion que ce mot suppose un jugement accessoire, & peut en effet se rendre par une proposition incidente, qui est vir optimus.

 

Littré

Par extension, raillerie particulière par laquelle on dit le contraire de ce que l’on veut faire entendre. Ce compliment n’est qu’une ironie.

Dans les premières paroles que Dieu a dites à l’homme depuis sa chute, on trouve un discours de moquerie et une ironie piquante, selon les Pères. [Pascal, Les provinciales]