Dictionnaires et encyclopédies

CN. [Pelletier]

Furetière

Ce qui est opposé à serieux, qui se fait par divertissement pour relâcher l’esprit, qui n’est pas fait tout de bon. Vous prenez ce que j’ay dit dans le serieux ; cependant je ne l’ay fait que par jeu, pour rire, sans dessein de vous offencer. Il faut prendre le jeu par divertissement, et non par occupation. cet ouvrage n’est pas un travail, ce n’est qu’un jeu. Cet homme n’entend point raillerie, il ne prend rien en jeu. Jeu vient de jocus, comme feu de focus. Menage. Du Cange dit que le mot de jeu de dez ne vient pas de jocus, mais de juis de Dieu, vieux mot François qui signifioit jugement de Dieu, parce qu’ils mettoient les jeux de hasard au nombre des jugemens de Dieu.

Les jeux sont differents suivant les âges. Jeux d’enfant, sont la toupie, le sabot, la fossette, et autres que Rabelais a descrit dans les jeux de Gargantua. On dit aussi, que c’est jeu d’enfant, quand on ne paye pas lors qu’on a perdu.

 

Sont aussi des compositions agreables, qui sont faites plûtost pour divertir que pour instruire, comme le Combat des Rats et des Grenoüilles d’Homere, le Combat des Lettres de Lucien, la Guerre Grammaticale, la Nouvelle Allegorique, les Jeux de l’Inconnu du Comte de Cramail.

On le dit abusivement des Anagrammes, des Acrostiches, et autres travaux pedantesques, et des Turlupinades de plusieurs gens de la Cour.

On appelle aussi jeux de paroles, les allusions, les équivoques, et les pointes, qui ne consistent que dans les mots, sans aucune subtilité pour le sens.

 

Littré

Action de se livrer à un divertissement, à une récréation (ce qui est le sens propre du latin jocus, d’où vient jeu).

Ce qu’ils en font n’est que par jeu. [Molière, Le sicilien, ou L’amour peintre]

 

Jeu de mots, nom générique de toutes les phrases où l’on abuse de la ressemblance du son des mots. Un jeu de mot plaisant, heureux, sans sel.

Insipides plaisants, bouffons infortunés,
D’un jeu de mots grossier partisans surannés. [Boileau, L’art poétique]