Définitions

Ajouter une définition

1710 : Joseph de Jouvancy

Candidatus rhetoricae

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, cinquième partie, "Exercices préparatoires < d'Aphthonius >", VI. "Sixième exercice préparatoire, De la réfutation, de la confirmation, de la louange et du blâme", chap. III, "Des différentes espèces de petits discours et de la manière de traiter chacun d'eux", "Lamentation", p. 388-389. 

Consulter

1782 : Pierre Thomas Nicolas Hurtaut

Manuale rhetorices

P. T. N. Hurtaut, Manuale rhetorices ad usum studiosae juventutis academicae, Exemplis tum Oratoriis, tu Poeticis, editio tertia, Paris, chez l'auteur, 1782, deuxième section "De Dispositione", chap. IV "De variis Orationibus quae ad tria genera referri possunt", § I "Genus Demonstrativum ", p. 102.

Consulter

Dictionnaires et encyclopédies

Encyclopédie

[Jaucourt]

[Lamentation funèbre]

En latin lassum, terme générique, qui designe les cris de douleurs, les plaintes, les gémissemens qu’on repandoit aux funérailles chez plusieurs peuples de l’antiquité.

 

Diodore de Sicile nous apprend qu’à la mort des souverains en Egypte toute la face du pays étoit changée, & que l’on n’entendoit de toutes parts, à leurs pompes funebres, que des gemissemens & des lamentations.

 

Cette même coutume régnoit chez les Assyriens & les Phéniciens, au rapport d’Herodote & de Strabon. Delà viennent ces fêtes lugubres des femmes d’Egypte & de Phénicie, où les unes pleuroient leur dieu Apis, & les autres se désoloient sur la perte d’Adonis. Voyez Adonis.

 

Les Grecs imiterent une pratique qui convenoit si bien à leur génie. On sait assez tout ce que les poëtes ont chanté des lamentations de Thétis, à la mort de son fils Achille ; & des voyages des muses en habit de deuil à Lesbos, pour y assister aux funérailles & y faire leurs lamentations. Mais c’est certainement à cet usage des lamentations funebres qu’il faut rapporter l’origine de l’élegie.

 

Enfin la flûte accommodée aux sanglots de ces hommes & de ces femmes gagées, qui possedoient le talent de pleurer sans affliction, fit un art ingénieux des lamentations, qui n’étoient auparavant ni liées ni suivies. Elle en donna le signal, & en régla le ton.

 

Cette musique ligystale, expressive de la douleur, consola les vivans, en même tems qu’elle honora les morts. Comme elle étoit tendre & pathétique, elle remuoit l’ame, & par les mouvemens qu’elle lui inspiroit, elle la tenoit tellement occupée, qu’il ne lui restoit plus d’attention pour l’objet même, dont la perte l’affligeoit. Il n’est peut-être point de plus grand secret pour charmer les amertumes de la vie.