Dictionnaires et encyclopédies

CN. voir Adjuncta personarum

Furetière

Nom collectif, qui se dit d’un grand peuple habitant une certaine estenduë de terre, renfermée en certaines limites ou sous une même domination. Alexandre a conquis, a dompté plusieurs nations, plusieurs peuples. Ce Voyageur a couru par toutes les nations de l’Orient et du Midy. Les François, les Romains, sont des nations fort belliqueuses. Les Cannibales sont des nations farouches et barbares. Les Espagnols ont exterminé presque toute la nation des Indiens. Chaque nation a son caractere particulier. Anacharsus ne tenoit rien du vice de sa nation, il estoit de Scythie. Ce seroit un bel ouvrage de faire la conference des mœurs et coûtumes de toutes les nations. Joannes Bœrnus Aubanus en a fait un essay dans un petit Volume Latin imprimé à Paris en I558.

 

Encyclopédie

Mot collectif dont on fait usage pour exprimer une quantité considérable de peuple, qui habite une certaine étendue de pays, renfermée dans de certaines limites, & qui obeit au même gouvernement.

 

Chaque nation a son caractere particulier : c’est une espece de proverbe que de dire, leger comme un françois, jaloux comme un italien, grave comme un espagnol, méchant comme un anglois, fier comme un écossois, ivrogne comme un allemand, paresseux comme un irlandois, fourbe comme un grec, &c. Voyez Caractere.

 

Le mot de nation est aussi en usage dans quelques universités pour distinguer les supôts ou membres qui les composent, selon les divers pays d’où ils sont originaires. Voyez Université.

 

La faculté de Paris est composée de quatre nations ; savoir, celle de France, celle de Picardie, celle de Normandie, celle d’Allemagne : chacune de ces nations, excepté celle de Normandie, est encore divisée en tribus, & chaque tribu a son doyen, son censeur, son procureur, son questeur & ses appariteurs ou massiers.

 

La nation d’Allemagne comprend toutes les nations étrangeres, l’Angloise, l’Italienne, &c.

 

Les titres qu’elles prennent dans leurs assemblées, actes, affiches, &c. sont pour la nation de France, honoranda Gallorum natio ; pour celle de Picardie, fidelissima Picardorum natio ; on désigne celle de Normandie par veneranda Normanorum natio ; & celle d’Allemagne, par constantissima Germanorum natio. Chacune a ses statuts particuliers pour regler les élections, les honoraires, les rangs, en un mot tout ce qui concerne la police de leur corps. Ils sont homologués en parlement, & ont force de loi.

 

Littré

Réunion d’hommes habitant un même territoire, soumis ou non à un même gouvernement, ayant depuis longtemps des intérêts assez communs pour qu’on les regarde comme appartenant à la même race.

Auguste journée où deux fières nations [l’espagnole et la française], longtemps ennemies et alors réconciliées par Marie-Thérèse, s’avancent sur leurs confins, leurs rois à leur tête, non plus pour se combattre, mais pour s’embrasser. [Bossuet, Oraisons funèbres]

 

La grande nation, nom donné d’abord à la France républicaine, et dont l’empereur Napoléon 1er se servit pour désigner après ses victoires la nation française.

La grande nation à vaincre accoutumée. [Chénier M. J. la Mort du général Hoche, 1798]

 

Une nation de soldats, une nation dont tous les hommes sont ou soldats, ou propres à la guerre. "Une nation de soldats va combattre contre des peuples qui ne sont que citoyens". [Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence]