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1689 : Étienne Dubois de Bretteville

L’Éloquence de la chaire et du barreau

Étienne Dubois de Bretteville, L’Éloquence de la chaire et du barreau selon les principes les plus solides de la rhétorique sacrée et profane, Paris, Denys Thierry, 1689, p. 341-344

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1872 : Colonia

De arte rhetorica, libri quinque

Dominique De Colonia, De Arte rhetorica libri quinque, Lyon, apud Briday Bibliopolam, 1872, Liber Secundus, Chap. III, " De tertia Inventionis parte, seu de Motibus excitandis", p 159-160

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Dictionnaires et encyclopédies


Furetière

Passion de l’ame qui nous porte à vouloir du mal à nostre prochain, et à luy en procurer quand nous le pouvons. Les Tyrans attirent sur eux la haine publique. Un Juge ne doit estre prevenu d’aucune haine ni faveur. Corneille a dit en son Polieucte,

Comme entre les rivaux la haine est naturelle.

 

La haine est souvent la fille de l’envie. Il y a des haines hereditaires dans les familles. Il n’appartient qu’aux Barbares, aux Sauvages et aux Auteurs d’avoir des haines immortelles.

Haine, se prend quelquefois en bonne part, quand on en conçoit pour des choses mauvaises ou dangereuses. La haine du vice, et l’amour de la vertu, sont les deux fondements de la Morale. La haine, le mespris des grandeurs, des vanitez mondaines a souvent porté les hommes à la retraitte, à quitter la Cour. Les amants demandent plutost de la haine que de l’indifference.

 

Encyclopédie

[Diderot]

Sentiment de tristesse & de peine qu’un objet absent ou présent excite au fond de notre cœur. La haine des choses inanimées est fondée sur le mal que nous éprouvons, & elle dure quoique la chose soit détruite par l’usage même. La haine qui se porte vers les êtres capables de bonheur ou de malheur, est un déplaisir qui naît en nous plus ou moins fortement, qui nous agite & nous tourmente avec plus ou moins de violence, & dont la durée est plus ou moins longue, selon le tort que nous croyons en avoir reçû : en ce sens, la haine de l’homme injuste est quelquefois un grand éloge. Un homme mortel ne doit point nourrir de haines immortelles. Le sentiment des bienfaits pénetre mon cœur, l’empreint, & le teint, s’il m’est permis de parler ainsi, d’une couleur qui ne s’efface jamais ; celui des injures le trouve fermé ; c’est de l’eau qui glisse sur un marbre sans s’y attacher. Hommes malheureusement nés, en qui les haines sont vivantes, que je vous plains, même dans votre sommeil ! vous portez en vous une furie qui ne dort jamais. Si toutes les passions étoient aussi cruelles que la haine, le méchant seroit assez puni dans ce monde. Si on consulte les faits, on trouvera l’homme plus violent encore & plus terrible dans ses haines, que dans aucune de ses passions. La haine n’est pas plus ingénieuse à nuire que l’amitié ne l’est à servir : on l’a dit ; & c’est peut-être une prudence de la nature. O amour, ô haine, elle a voulu que vous fussiez redoutables, parce que son but le plus grand & le plus universel est la production des êtres & leur conservation. Si on examine les passions de l’homme, on trouvera leur énergie proportionnée à l’intérêt de la nature.

 

Littré

Sentiment d’aversion qu’on éprouve pour certaines choses. La haine du changement.

Ce sont là toutes choses que j’ai en haine, dit le Seigneur. [Sacy, Bible, Zachar. VIII, 19]

 

Quand il s’agit de choses, tandis que haïr se dit même des répugnances physiques, par ex. haïr le froid, haine ne se dit que des grandes aversions morales, et l’on ne dirait pas la haine du froid.