Dictionnaires et encyclopédies

CN. voir Suasio

Furetière

Action par laquelle on persuade, ou on est persuadé. La persuasion est le but de l’Orateur. Il a commis ce meurtre à la persuasion d’un tel. Les Payens ont eu une Deesse de la persuasion.

 

Encyclopédie

[Diderot]

C’est l’état de l’ame considéré relativement à la vérité ou la fausseté d’un fait ou d’une proposition, à sa vraissemblance ou à son défaut de vraissemblance, à sa possibilité ou à son impossibilité ; c’est le jugement sincere & intérieur qu’elle porte de ces choses. Après l’examen, on peut être persuadé d’une chose fausse ; mais celle dont on est convaincu est toujours vraie. La conviction est l’effet de l’évidence qui ne trompe jamais. La persuasion est l’effet des preuves morales qui peuvent tromper. La conviction, non plus que l’évidence ne sont pas susceptibles de plus ou de moins. Il n’en est pas ainsi de la persuasion, elle peut être plus ou moins forte. La persuasion excuse souvent l’action. Les anciens avoient fait de la persuasion une déesse ; c’étoit la patrone des Poëtes & des Orateurs.

 

Littré

Action de persuader.

Que si les persuasions de ces trompeurs ont pu trouver place dans la trop précipitée imagination de quelques-uns. [Naudé, Rosecroix, VII, 1]

 

Il a la persuasion sur les lèvres, il est très éloquent.

La douce persuasion coulait de ses lèvres comme un ruisseau de miel. [Fénelon, Télémaque]

 

2. Détermination de l’esprit à croire, causée par la force, la vérité, la beauté des raisons.

Attaché à ses sentiments par persuasion, et non par caprice. [Fléchier, Oraisons funèbres]