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1710 : Joseph de Jouvancy

Candidatus rhetoricae

Joseph de Jouvancy, L’Élève de rhétorique (Candidatus rhetoricae, 1e éd. 1710, 1e trad. 1892), édité par les équipes RARE et STIH sous la direction de D. Denis et Fr. Goyet, Paris, Classiques Garnier, 2019, première partie, "Comprenant les premiers éléments de rhétorique relatifs à l'invention", chap. VII, "Des lieux intrinsèques", " Du Genre et de l'Éspèce", p. 74-75 et chap. IX, "Exemples des lieux intrinsèques", art. III, "Exemples des lieux du Genre et de l'Éspèce", p. 94-97. 

 

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1782 : Pierre Thomas Nicolas Hurtaut

Manuale rhetorices

P. T. N. Hurtaut, Manuale rhetorices ad usum studiosae juventutis academicae, Exemplis tum Oratoriis, tu Poeticis, editio tertia, Paris, chez l'auteur, 1782, première section "De inventione", première partie "De locis, tum intrinsecis, tum extrinsecis", chapitre I "De locis intrinsecis", VI "De Specie", p. 27-29.

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Dictionnaires et encyclopédies

CN. [synonyme de Forma selon Pelletier]

 

Furetière

Division du genre, les parties qui le composent. L’animal est une espece à l’égard du corps. L’homme est une espece à l’égard de l’animal. Dieu fit perir le genre humain par le Deluge, mais il en voulut conserver l’espece ; il enferma dans l’Arche des animaux de toutes les especes. L’espece est une des cinq Voix ou Universaux de Porphire. Le phœnix est unique en son espece. La derniere espece est celle qui ne se peut plus distinguer qu’en individus. Ce mot vient du Latin species, qu’on dit venir d’un ancien verbe specio, qui signifie je voy ; et que toutes les choses ont été nommées especes, eò quòd earum collectio uno quasi spectu vel aspectu, aut unâ quasi visione comprehendatur.

 

Encyclopédie

[Formey]

[Métaphysique]

Notion universelle qui se forme par l’abstraction des qualités qui sont les mêmes dans les individus. En examinant les individus, & les comparant entr’eux, je vois certains endroits par où ils se ressemblent ; je les sépare de ceux en quoi ils different ; & ces qualités communes, ainsi séparées, forment la notion d’une espece, qui comprend le nombre d’individus dans lesquels ces qualités se trouvent. La division des êtres en genre & en espece, n’est pas l’ouvrage de la Philosophie ; c’est celui de la nécessité. Les hommes sentant qu’il leur seroit impossible de tout reconnoître & distinguer, s’il falloit que chaque individu eût sa dénomination particuliere & independante, se hâterent de former ces classes indispensables pour l’usage, & essentielles au raisonnement ; mais si la Philosophie n’a pas inventé ces notions, c’est elle qui les épure, & qui de vagues qu’elles sont fréquemment dans la bouche du vulgaire, les rend fixes & déterminées, en suivant la méthode des Géometres, autant qu’elle est applicable à des êtres réels & physiques, dont l’essence n’est pas accessible comme celle des abstractions & des notions universelles.

 

La définition de l’espece exprime ordinairement celle du genre qui lui est supérieur, & les nouvelles déterminations qui par cette raison sont appellées specifiques. En faisant attention à la production, ou géneration des figures, les Géometres découvrent & démontrent la possibilité de nouvelles especes. Ce sont les qualités essentielles & les attributs qui servent à déterminer les especes ; mais à leur défaut, les possibilités des modes entrent aussi dans ces déterminations. Euclide définit d’abord la figure comme le genre supreme ; ensuite, après avoir donne l’idée du cercle, il passe aux figures rectilignes, qu’il considere comme un genre inférieur. De là, continuant à descendre, il divise les figures rectilignes en trilateres, quadrilateres, & multilateres. Les figures trilateres se divisent de nouveau en équilatérales, isosceles, scalenes, &c. les quadrilateres en quarre, rhombe, trapeze, &c. Il s’en faut bien que cette précision puisse regner dans le développement des sujets réels & physiques. On n’en connoit que l’écorce, & il faut en détacher, le mieux qu’il est possible, ce qui paroît le plus propre à les caractériser. Or, faute de connoître l’essence de ces sujets, on ne suit pas la même route dans leurs définitions ; & de-là dans toutes les Sciences, ces disputes & ces embarras inconnus aux Géometres, entre lesquels les controverses ne sauroient exister, ou du moins ne sauroient durer. Jettez au contraire les yeux sur toute autre science ; par exemple, sur la Botanique, les définitions y sont des descriptions d’êtres composés, dont on dénombre les parties, & dont on indique l’arrangement & la figure. Chaque botaniste choisissant ce qui le frappe le plus, vous ne reconnoitrez pas la même plante décrite par deux d’entr’eux, au lieu que la notion du triangle ou du quarré est invariable entre les mains de quelque géometre que ce soit. Néanmoins, comme nous n’avons, ni ne pouvons rien espérer de meilleur que ces descriptions des sujets physiques, on doit travailler à les rendre de plus en plus completes & distinctes, par les observations & par les expériences ; sur quoi voyez Botanique, Méthode, &c.

 

Les sujets qui ont les mêmes attributs propres, & les mêmes possibilités de mode, se rapportent à la même espece. Dans les êtres composés, les qualités des parties, & la maniere dont ces parties sont liées, servent à déterminer les especes.

 

Littré

Division du genre, réunion d’individus sous un caractère commun qui les distingue de ceux qui appartiennent au même genre.

Noble et roturier sont des espèces par rapport à homme ; et homme, qui est un genre par rapport à noble et roturier, est une espèce par rapport à animal. [Condillac, Gramm. préc. de leç. prél. art. 1er, Œuvres, t. v, p. LXXVIII, dans Pougens.]

 

Terme de rhétorique. Un des lieux communs de rhétorique. Le genre et l’espèce.